

Au cours d'un numéro de cirque, en 2003, une artiste est blessée. Elle poursuit l'illusionniste Jidinis, qui nie avoir été son employeur.
Ce n'est pas tous les jours qu'un conseil des prud'hommes évoque le cas d'une danseuse de cirque victime d'un accident à l'occasion d'un tour de magie.
"Heureusement...", soupirait le président de séance du conseil des prud'hommes de Paris, Claude Lefevre, mardi 26 octobre. L'atmosphère de la salle d'audience était déroutante : le président, pressé d'en finir, ne cessait de dire "dépêchons...", face à un avocat volubile - Roland Lienhardt, celui de la danseuse - et un autre - celui de la défense - quasi muet.
Le 30 août 2003, une danseuse, Agnès Lacroix, assiste avec une collègue l'illusionniste Frédéric Schultz, connu sous le nom de Jidinis, lors d'une représentation au Tivoli Parc de Copenhague (Danemark). Le tour consiste à faire entrer les deux femmes dans une boîte, à laquelle le magicien met le feu avant que les danseuses ne réapparaissent, indemnes et souriantes. Ce jour-là, elles sont accidentées et surtout choquées : la boîte s'enflamme de manière anormale, au point que deux spectateurs assis au premier rang - dont Joseph Bouglione, le directeur du Cirque d'hiver à Paris - montent sur scène pour aider les artistes.
Selon M. Lienhardt, M. Schultz a "refusé d'utiliser son extincteur pour ne pas endommager son matériel", et la danseuse n'a fait l'objet d'"aucun soin" après le choc, qui n'a pas été déclaré comme accident du travail. Dans une lettre datée du 14 mai 2004, Joseph Bouglione estime, lui, que les responsabilités sont "plus certainement" à chercher "du côté du constructeur des accessoires du numéro". "Il paraît assez évident que lorsqu'on travaille avec le feu, on risque de se brûler", écrit-il.
Devant les prud'hommes, M. Lienhardt a fait état du témoignage d'une danseuse qui a connu une mésaventure similaire avec Jidinis, en janvier 2001, lors du festival du Cirque Pinder, et d'un jongleur qui a eu la "main tranchée", en 2002, en assistant le même illusionniste...
L'avocat de la danseuse a également tenté de démontrer le "caractère permanent" de la relation contractuelle entre la danseuse et le magicien, requalifiable, selon lui, en contrat à durée indéterminée. Pour M. Lienhardt, l'illusionniste Frédéric Schultz, bien qu'ayant été salarié par le Tivoli Parc, et par bien d'autres lieux, est en réalité l'employeur de sa cliente : "Il produit son spectacle et sélectionne les danseuses pour son numéro."
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Sources: Le monde.fr