

Le magicien Otto Wessely a réagit à l'article de Libération intitulé "Le plus GLAND cabaret" en écrivant directement au quotidien et nous fait la gentillesse de nous remettre le texte qu'il leur a fait parvenir.
Otto Wessely écrit:
"J'ai envoyé un petit mot à "libé" pour connaitre davantage le raisons de leur mépris. Nous sommes ringards ? Soit. Mais si l'on traite tout ce qui est ringard, "libé" serait comme le bottin téléphonique de Paris. J'attends leur réponse....."
Cliquez ici pour relire l'article et les réactions qu'il a suscité
Voici le texte :
"LE PLUS GRAND CABARET DU MONDE (votre article du 6.3.2004)
Raphael GARRIGOS et Isabelle ROBERTS, auteurs d'un article sur le "PLUS GRAND CABARET DU MONDE" et Stéphane REMARL, responsable d'une photo dans "libération" du 6 mars ont sûrement pensé de faire de l'esprit en appelant cette émission "le plus gland cabaret". Soit.
Pour votre éducation un peu d'histoire : en 1988 j'ai interviewé Patrick SEBASTIEN pour un magazine professionnel au sujet des "visuels" à la télévision.
A l'époque les émissions de "variétés" étaient en grande partie composées des chanteurs qui faisaient la publicité pour leurs disques, parfois aussi pour leurs spectacles. Patrick me raconta ce jour qu'il adore les "visuels" et qu'il rêvait d'une émission style "la piste aux étoiles", qu'il écoutait (!) travers les murs, car chez ses parents il n'y avait pas de téléviseur.
Une décennie plus tard (1998) son rêve devient réalité. Le public découvre avec plaisir l'existence des artistes de variétés, dans la plupart de cas, visuels, jusqu'au moment ignoré par les médias. Et c'était bien ainsi. L'émission bats tous les records d'audience, cela sans publicité et - comme vous dites – sans vedettes, car vos jornalistes affirment que Patrick n'est pas une star qui attire l'audience.
Dans ce vomi de haine, d'ignorance et de mépris que vos journalistes versent sur notre métier, quelques choses me paraissent mystérieuses :
- Pourquoi n'ont-ils regardé que la répétition et pas le tournage quelques heures après ? Le tournage se déroule dans un climat de "direct", on assiste à un vrai spectacle avec tout le coté festif que cela comporte.
- Pourquoi ces deux journalistes se plaignent-ils du succès et de l'Audimat de cette émission, mais en même temps ils m'ont l'air content du score un peu inférieur pour "de l'autre côté du miroir" ?
- Pourquoi "libé" envoie des journalistes qui manifestement n'aiment pas ce style de spectacle ?
- Pourquoi vous passez une mauvaise photo, sous-expose, floue, avec la femme de ménage, un machiniste qui range le décor et une artiste qui est en train de quitter le plateau ? Cette photo a été prise de la scène vers la salle, votre photographe avait donc toute liberté de composer son chef d'œuvre, et célà pendant des heures.
A l'époque "Libération" avait consacré sa couverture à un petit truc merdique comme "Loftstory" ou tout récemment à un comique qui a dû annuler l'Olympia à la suite d'une petite farce, tandis que nous, les "visuels", nous étions jusqu'à présent ignoré par votre journal. Pour parler avec les paroles de Patrick :"Pourvu que ça dure" ! Sans vous."
Otto WESSELY, artiste visuel
le 9 mars 2004