

Source :
Le Figaro
Une «erreur» suscite la colère de Bartabas
Marie-Douce Albert
26/12/2007 | Mise à jour : 10:57 |
Le maître de l'art équestre a détruit du mobilier à la Drac en apprenant le montant de sa subvention pour son académie versaillaise. Mais la somme était fausse.
«Il s'agit d'un malentendu.» Au cabinet du ministre de la Culture, Christine Albanel, on estimait hier qu'une «erreur» devait être à l'origine du coup de sang de Bartabas, vendredi, à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) d'Île-de-France. Le maître de l'art équestre, fondateur du cirque Zingaro, s'y était rendu pour connaître le montant de la subvention d'État accordée en 2008 à l'Académie du spectacle équestre de Versailles, qu'il dirige. Il avait alors découvert que la promesse d'une forte augmentation ne tenait plus et avait passé sa colère sur le mobilier du bureau du directeur, Jean-François de Canchy, et du hall de l'organisme. Personne n'avait été blessé, toutefois Bartabas avait passé la nuit en garde à vue.
Mais il semblerait que la somme qui lui a été communiquée n'était pas bonne et le ministère a, depuis, fait savoir que la subvention à l'Académie du spectacle équestre de Versailles s'élèverait à 175 000 euros en 2008. Comme prévu à l'été.
«Un geste inexcusable»
À l'époque, un plan de sauvetage avait été étudié. En effet, le centre de formation que Bartabas a ouvert en 2003 dans le cadre de la Grande Écurie construite pour le Roi-Soleil connaît des difficultés. L'artiste avait rêvé cette académie comme un lieu d'enseignement de l'utilisation du cheval dans le spectacle et le cadre de représentations. Il pensait trouver ce qu'il fallait de spectateurs et de donateurs pour financer son initiative. «On fait 60 000 entrées par an et nous avons des mécènes, mais
ce modèle économique ne fonctionne finalement pas , expliquait hier Jean Parthenay, le directeur général de l'académie. Il nous fallait un socle de subventions pour pérenniser notre action. » En juillet, lors d'une réunion de crise, le ministère de la Culture, le département des Yvelines et la ville de Versailles imaginaient donc, en l'absence de représentants de la Région, un plan de redressement sur trois ans doté d'une subvention annuelle de 350 000 €. L'État devait augmenter sa subvention, la passant de 110 000 à 175 000 euros, tandis que Versailles donnait 25 000 euros, le conseil général, 75 000 euros, comme le conseil régional. « La Ville et le département ont accepté, le conseil général envisage même de donner plus. En revanche,
la Région a refusé », précise-t-on au ministère. Jean Parthenay parle plus généralement du « silence glacial » de Jean-Paul Huchon . À la Région, on affirmait hier « ne s'être jamais engagé à verser de subvention dans le cadre d'un plan de sauvetage. Nous ne sommes pas compétents pour cela».
En tout cas, si
l'«erreur» de vendredi a été rectifiée, le ministre de la Culture a demandé à Jean-François Canchy de porter plainte. «Bartabas est un grand artiste mais son geste est inexcusable. Nous demandons des réparations civiles et morales », expliquait-on au cabinet. L'artiste s'est, lui, excusé. Quant à l'académie, elle poursuit le spectacle. Jeudi, elle doit d'ailleurs offrir une représentation de sa Reprise musicale opus 2007 au profit de l'association Toutes à l'école.
Source :
Libération
Bartabas emballé
V.N.
QUOTIDIEN : lundi 24 décembre 2007
Jean-François de Canchy, directeur régional de l’action culturelle d’Ile-de-France, a-t-il eu tort vendredi d’annoncer sans détour à la star équestre Bartabas une réduction significative des subventions que reçoit son académie, montée dans la Grande Ecurie de Versailles ? Il semblerait, car notre grand écuyer s’est mis à démolir le bureau de son interlocuteur. Rien n’a survécu à la mise à sac. Interpellé et mis en garde à vue à sa sortie de la Drac,
l’artiste un peu vif aurait été relâché par la suite sur intervention personnelle de la ministre Albanel. Il devrait s’en tirer avec des dommages et intérêts. Quant aux 70 000 euros d’allocation perdus sur les 175 000 octroyés l’an dernier, ils sembleraient en bonne voie de recalcul.
Source :
AFP
Christine Albanel condamne une "agression" de Bartabas contre la DracIl y a 2 heures
PARIS (AFP) — La ministre de la Culture Christine Albanel a "condamné" mercredi une "agression" commise par le cavalier et metteur en scène Bartabas dans les locaux de la direction régionale de l'action culturelle (Drac), qui a entraîné vendredi son placement en garde à vue.
Le service de presse de Bartabas a confirmé qu'il y avait bien eu des "dégâts matériels", mais précisé que le cavalier n'avait "levé la main contre personne".
Vendredi, le directeur régional des affaires culturelles d'Ile-de-France, Jean-François de Canchy, a reçu Bartabas "au sujet de la subvention allouée en 2008 à l'Académie du spectacle équestre de Versailles", écrit le ministère dans un communiqué.
"
En désaccord sur le montant, Bartabas s'en est violemment pris aux personnes en présence, projetant du mobilier en leur direction et détruisant une partie de l'équipement du bureau du directeur, des couloirs et du hall d'entrée de la Drac", ajoute-t-il.
La ministre a demandé au directeur de porter plainte et "Bartabas a été mis en garde à vue vendredi en début de soirée", puis relâché samedi matin vers 11H00, poursuit le ministère.
Il a été placé en garde à vue dans un commissariat du XIe arrondissement, selon la police.
Mme Albanel "condamne fermement cette agression et demande des réparations civiles et morales à Bartabas, sans préjudice des poursuites pénales".
La rencontre avec la Drac portait sur un "plan de redressement sur trois ans" de l'Académie du spectacle équestre dirigée par Bartabas, en proie à des difficultés financières.
Une réunion s'était tenue en juillet dernier pour arrêter ce plan, et il avait été proposé d'allouer 350.000 euros de subventions à l'Académie, dont 175.000 euros de l'Etat, 25.000 de la Ville de Versailles, 75.000 euros du conseil général des Yvelines et 75.000 euros du conseil régional d'Ile-de-France, rappelle le ministère.
Mais
le conseil régional a "refusé de participer à ce plan de sauvetage" et, "malgré cette défection, l'Etat prévoit de maintenir la subvention à hauteur de 175.000 euros pour l'année 2008", indique le ministère.
Le service de presse de Bartabas a regretté le "manque de coordination" entre la Drac et le ministère sur cette question. Il devrait organiser une conférence de presse.
Bartabas dirige l'Académie du spectacle équestre depuis 2003.