

Un jeune Rémois se bat pour sauvegarder une partie du patrimoine : une statue de magicien que le gel a détruit cet hiver.
Le magicien de la rue Chanzy, vous connaissez ? Erwin Cabanac, jeune Rémois de 22 ans, lui, l’observe depuis des années. Chaque jour, il passe devant et l’admire. Mais depuis cet hiver, le magicien est bien malade. Il a perdu la moitié de son visage à cause du gel. Le magicien si cher au cœur d’Erwin est une statue, un ancien cadran solaire plus précisément. Un des survivants de la rue des six cadrans. Si on ne regarde que le bout de ses chaussures en marchant, c’est vrai qu’il peut passer inaperçu mais en levant le nez, on le distingue parfaitement. « Dominant le 81 de la rue Chanzy, du haut de son immeuble, il nous observait » s’aime à imaginer Erwin. Car Erwin est un grand rêveur. Ancien taxidermiste de la rue du Jard, il passait tous les jours devant le magicien « C’est comme cela que je l’ai remarqué, j’ai ensuite effectué des recherches sur cette statue. On sait juste que ce cadran solaire a été créé en 1925 par l’architecte Simon, certainement pour amuser ou par simple plaisir du commanditaire » note Erwin. Pour ce rêveur, le manque d’explication autour de la statue est une aubaine. Il fouille dans les livres fantastiques, s’imagine des histoires qu’il tente actuellement de relater dans un ouvrage. Pour comprendre la présence du magicien, toutes les explications, même irrationnelles, sont bonnes à prendre. Plus qu’un patrimoine à sauver Et c’est pour cela qu’Erwin a décidé de sauver le magicien : « c’est non seulement une part du patrimoine de la ville mais c’est aussi bien plus. Ce magicien peut plaire à tout le monde. Ce n’est ni une statue religieuse, ni historique… On peut imaginer exploiter la statue pour créer des visites autour du thème des statues à Reims car il y en a beaucoup plus que l’on ne soupçonne. Il faut bien observer.Il y a aussi la possibilité de travailler avec les enfants, les clubs de magie ou autour de l’imaginaire…Le magicien est vraiment unique ». Et très particulier aux yeux d’Erwin qui se bat aujourd’hui pour monter une association dans le but de lui faire un petit lifting. Il attend la fin des législatives pour s’adresser aux politiques susceptibles de l’aider. En attendant, il lance un appel aux bonnes volontés amoureuses du patrimoine rémois.
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