

Ce matin, quatre personnes vont être présentées au parquet, afin d’être mises en examen pour escroquerie en bande organisée. Les malfaiteurs auraient escroqué au moins une quinzaine de victimes, pour un montant évalué au minimum à un million d’euros, avec la technique du “wash-wash”.
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Le rabatteur attire une personne en lui expliquant qu’il connaît quelqu’un qui, par un procédé magique ou pseudo magique, peut multiplier un nombre infini de billets de banque. Si la personne accroche et commence à croire à l’histoire, c’est fini pour elle, car la technique est parfaitement rodée et imparable. Un rendez-vous est fixé quelques jours plus tard. Le rabatteur présente alors la victime à son futur “bourreau”. Celui-ci lui explique que par un procédé magique, il peut multiplier les billets. Il demande alors de lui confier une coupure, généralement de faible importance : 10, 20 ou 50 euros maximum. Celle-ci est placée entre deux feuilles noires. Grâce à la magie et/ou à un produit spécial, dans une ou deux heures, voire plus, le vrai billet aura déteint sur les deux feuilles, fabriquant ainsi deux autres coupures parfaitement identiques à l’originale. Lorsque le temps est écoulé, le marabout, après un vrai tour de prestidigitation, présente à sa victime trois coupures parfaitement identiques et totalement vraies. À tel point qu’il peut même quelques fois l’accompagner à la banque pour les faire vérifier. L’opération peut se répéter plusieurs fois, jusqu’au moment où la personne croit réellement que le marabout peut ainsi dupliquer les billets. Pour enfoncer le clou, celui-ci affirme qu’il sait non seulement faire cette opération avec un billet, mais aussi avec toute une liasse. Appâté, ébloui, aveuglé par la possibilité de se faire de l’argent facilement, celui-ci revient avec une forte somme d’argent. Le marabout effectue les mêmes opérations, mais lorsque la victime revient sur les lieux de la multiplication, le marabout et les billets ont bien évidemment disparu. Dans ce type d’arnaque, les victimes déposent rarement plainte, car elles sont rongées par la honte de s’être fait “avoir” d’une manière aussi stupide. Comme pour l’affaire de Sainte-Marie, il est courant que les enquêteurs se rendent compte de ce type d’escroquerie, alors qu’ils travaillent sur un tout autre dossier. Et les investigations qu’ils doivent alors entreprendre afin de pouvoir remonter la totalité de la filière, le marabout et les rabatteurs sont particulièrement difficiles et longues avant de pouvoir arrêter l’ensemble du réseau. De plus, il est relativement rare que le marabout tombe dans la nasse tendue par les gendarmes ou les policiers généralement, il est le premier à prendre la fuite, en laissant ses comparses s’arranger avec la justice. Généralement d’origine africaine, il s’enfuit pour revenir quelques mois plus tard sous une autre identité, afin de poursuivre son entreprise. Ainsi, non seulement l’arnaqueur agissant dans l’île se faisait appeler Anatole Louga, mais aussi Christian Mouassin ou encore T’chagou Telephore. Un seul point commun entre toutes ces identités, le lieu de naissance, Yaoundé au Cameroun. D’après les premiers éléments de l’enquête, il semblerait que Louga, si cela est bien son véritable nom, ait déjà été condamné à de multiples reprises sous plusieurs identités pour des faits identiques. Le parquet s’oriente vers l’ouverture d’une information judiciaire pour escroquerie en bande organisée, en espérant que l’enquête qui sera réalisée sur commission rogatoire permettra de découvrir d’autres victimes. La bande risque jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.
Sources: Jérome Leglaye pour clicanoo.com
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