
Howdy fellow gamblers !
La piste était dégagée et ma diligence un modèle
Concord 1827 de chez Abbott Downing faisait bonne route tirée par 4 pur sang.
La piste était bien balisée, et mon guide cherrokee n'eut aucun mal à s'y retrouver malgré les embûches semées par les Khlubistes locaux...
Le saloon où avait lieu le « trade post », bien que perdu au fin fond du Texas wallon, était comble. La musique, omniprésente, semblait émaner d’un piano mécanique invisible. Partout, les Winchester et les colts se disputaient l’espace avec les livres, affiches et autres accessoires typiques de notre « good old west ».
Mes compadres et moi nous acquittâmes notre droit d'entrée et nous dirigeâmes d'un pas assuré vers la table où le bruissement des cartes qu'on mélange nous attirait inexorablement. Deux vitrines exposaient une collection effarante d’objets liés à la tricherie, dés pipés, cartes marquées, ainsi que des ouvrages rarissimes telle cette deuxième édition de l’Erdnase aujourd’hui introuvable si ce n’est peut-être dans les collections du Surnateum..
Une petite troupe s'était déjà formée autour de la table, des têtes plus ou moins connues dans le monde du jeu nous saluaient d'un léger hochement du chef entendu. Nous primes place pour assister à ce qui restera un grand moment pour tous ceux présent ce dimanche.

La démonstration débuta sur des explications des triches possibles à la distribution. Un jeu mélangé et coupé par un des gringos présent est ensuite distribué à un nombre de joueurs librement choisi, et la main demandée par le gringo se retrouve distribuée au joueur de son choix ! Toutes les formes de Poker eurent le droit ce citer et toutes avec la même réussite. Décidément il ne faisait pas bon jouer avec cet homme en noir. Ce que j'appris à mes dépends peu de temps après autour d'une piste de dés : j'y ai perdu une bonne partie du butin si difficilement gagné à la [textegras]Clay County Savings Bank de Liberty[/textegras], Missouri mais c'est une autre histoire. Les donnes en second, donnes du dessous et donnes du milieu firent place aux distributions de black Jack.
Après une pause bien méritée, la démonstration repris de plus belle. L'homme en noir nous expliqua que de nos jours, les cartes sont distribuées par d'honnêtes hommes, et qu'il faut donc utiliser d'autres techniques pour espérer gagner. Les secrets des plus grands joueurs de poker furent alors dévoilés, au cours de brillantes démonstrations où la psychologie prenait le pas sur la manipulation. "Les tells" nous apprennent tant de choses sur notre adversaire...
Nous eûmes aussi la chance de voir dévoilés les secrets des escamoteurs, spécialistes de ce petit jeu de bon aloi que l'on pratique depuis la nuit des temps avec trois gobelets et trois muscades. Des gobelets en argent ciselé qui firent briller des étincelles d'envie chez la plupart des gringos présents. Envie rapidement renfrognée par la présence dissuasive du colt de l'homme en noir... Ensuite il nous conta une histoire étrange, l'histoire vraie d'un homme qui pratiquait le jeu des coquilles à New-york…
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, il fallut quitter la magie de cet instant pour rejoindre le pays où les diligences n’ont pas besoin des indiens pour brûler. Mais avant de partir, l’assemblée accepta volontiers, à quelques exceptions près (d’aucun préférant le bar ou l’anonymat) , de se plier au rituel de la photo de famille pour immortaliser un moment extraordinaire si vite passé.
Jessie Rognon de retour de Santa Fay