En plus de toutes ces machines ingénieuses, la France et l’Angleterre devaient être influencées par des troupes de saltimbanques itinérantes : les compagnies jouant la « Comedia del Arte », qui introduisirent un esprit de liberté et bouffonnerie impertinente et populaire. Ces compagnies, s’adaptant à chaque nouveau pays traversé, inventèrent un nouveau style en s’écartant des thèmes classiques.
Les acrobaties étaient également à leur répertoire, leur inspiration provenait des contes de fées, des magiciens et des monstres. La plupart du temps ils se produisaient sur des stands de foire, et devinrent très vite extrêmement populaires.
Cette grand popularité influença des auteurs et écrivains pendant des décennies.
Les farces , issues du Moyen age, étaient donc depuis longtemps un genre théâtral, cependant quand la Comédie Italienne s’installa à L’Hôtel de Bourgogne, les clowneries devinrent un ingrédient très important.
Des scènes où l’on se moquait des Dieux descendant du ciel apparurent :
Fig 11
Bien sur les machines à voiler étaient utilisées pour cela.
Ces troupes itinérantes finirent également par arriver au début du XVIIeme siècle en Angleterre et d’autres pays d’Europe.
Cependant le Flying y était déjà connu , puisqu’on en trouve des mentions dans diverses pièces et opéras , et même dans « Cymbeline » et « le songe d’une Nuit d’été » de William Shakespeare.
Fig 12 : William Shakespeare (né le 23 avril 1564, baptisé le 26 avril 1564, décédé le 23 avril 1616 ) est largement considéré comme le plus grand poète, dramaturge et écrivain de la culture anglo-saxonne.
Tandis que les arlequinades prospéraient, en France une nouvelle forme de représentation apparu : les féeries.
En 1697, à l’Hôtel de Bourgogne, fut présenté la première théâtrale de « Les contes de ma Mère l’Oie » : dans laquelle un Pierrot traversait la scène sur un chariot volant.
L’histoire empruntait au registre de la pantomime , mais en y rajoutant une touche « romantique » de féerie pleine de magie, fantaisie et surnaturel.
Ce genre de spectacle commença à « envahir » les salles parisiennes, jusqu’au point d’être représentée à l’Opéra, dernier bastion du classicisme – un siècle plus tard tout de même - : « Flora et Zéphir » des frères Cogniard y fut joué en 1845, cependant de directeur de l’Opéra exigea des auteurs que ce soit eux qui financent le coût du flying.
Fig 13 : Charles Perrault
Charles Perrault (12 janvier 1628 à Paris - 16 mai 1703 à Paris), homme des lettres français, resté célèbre pour son recueil d'histoires Contes. A l’origine de la fameuse « Querelle des Anciens et des Modernes ». Élu à l’Académie Française en 1671.
Alors que le flying continuait à être un trait permanent dans l’art du spectacle, les théâtres ayant tous besoin d’avoir une machineries , celle ci tendit à se standardiser.
Quand Diderot publia « l’Encyclopédie » dans les années 1760 , il mit un soin tout particulier à la rédaction des chapitres consacrés à l’équipement des théâtres. ( il était lui même un auteur dramatique ).
C’est ainsi que l’on retrouve dans « l’Encyclopédie » 31 gravures et 49 planches décrivant la machinerie de théâtre et le Flying.
En particulier le Flying y est décrit aux planches XI – XII – XIV – XVIII .
Fig 14: Denis Diderot
Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français.
A partir de 1747, à 34 ans, Diderot dirige et rédige, avec D'Alembert, l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Il s'investira dans la rédaction, la collation, la recherche, la réalisation des planches de 1750-1765. Il a personnellement rédigé le prospectus ( paru en 1750 ) et plus d'un millier d'articles, parmi lesquels : autorité politique, capuchon, encyclopédie, art, christianisme, citoyen, éclectisme, philosophie, recherches philosophiques sur l’origine et la nature du beau...
Fig 15: Une machine à voler du XVIIIeme siècle