Au début du XVIeme siècle, cependant , dans les salles de spectacles populaires, les spectacles d’inspirations religieuses ont toujours lieu.
Fig 3 : François Rabelais (La Devinière, près de Chinon, Indre-et-Loire, vers 1494 – Paris, 9 avril 1553) est un médecin et écrivain français de la Renaissance.
Dans le «
Tiers Livre » - Chapitre XXVII - écrit en 1556 ,
François Rabelais décrit une scène de Flying : Il s’agit d’une représentation du « Mystère Saint Maixent »
Voici le texte :
Ie ne te parleray de maison ne de buron: de sermon ne de marché: mais à la passion qu'on iouoit à
Sainct Maixent entrant un iour dedans le parquet ie veidz par la vertus & occulte proprieté d'icelle soubdainement tous tant ioueurs que spectateurs entrer en tentation si terrificque, qu'il ne y eut Ange, Home, Diable, ne Diablesse, qui ne voulust biscoter.
Le Portecole abandonna sa copie: celluy qui iouoit sainct Michel, descendit par la colerie: les Diables sortirent d'enfer, & y emportoient toutes ces paouvres femmelettes: mesmes Lucifer se deschayna.
Traduction en français contemporain :
Je ne parlerai point de la maison de Buron , de sermon ou de marché , mais de la passion que l’on joue à Saint Maixent, m’aventurant un jour dans le parterre je vis soudainement tant les acteurs que les spectateurs être terrifiés à tel point que ni ange, ni homme , ni diable, ni diablesse ne voulurent copuler.
Le directeur s’écarta de son script : celui qui jouait Saint Michel descendit en volant , les diables sortirent de l’enfer et emportèrent toutes ces pauvres femmes : Même Lucifer se déchaîna.
Au XVeme siècle les mystères tendent à disparaître, pour ne plus exister en 1600 , sauf en Espagne et en Allemagne.
Les spectacles d’inspirations religieuses disparaissent , ce qui pourrait laisser supposer une disparition des besoins en Flying, mais parallèlement les machines à voler connaissent une explosion dans les spectacles profanes. En particulier la Renaissance Italienne favorise des développements très riches de la machinerie de scène, ainsi qu’un « revival » des comédies et tragédies inspirées de l’antiquité.
Pour agrémenter ces spectacles d’inspiration classique, perçus tout de même comme un peu trop rigides , les « intermezzos » se développent : performances d’entre actes n’ayant aucun rapport avec la pièce principale.
Ces intermèdes deviennent de plus en plus sophistiqués en terme d’éclairages, de machineries , de mise en scène , et peu à peu la musique s’y rajoute : ce sont les première formes d’Opéra. Tout ceci est encouragé par des mécènes. En particulier chaque mariage à la cour des Médicis donne lieu à des manifestions grandioses.
Le théâtre baroque et en particuliers les intermèdes se développent : pendant 2 siècles c’est l’apogée du théâtre baroque, aucune économie n’est faite sur les décors , l’éclairage , les machines , la mise en scène , les meilleurs talents sont recrutés. De nouvelles machines pour effets spéciaux sont développées. Des spectacles extravagants sont créés, la plupart du temps en 6 actes , car de nouveaux canons se mettent en place , à la gloire de l’un ou l’autre des maries, d’un sponsor ou mécène, sur fond d’histoire mythologique mettant en scène des apparitions , des montagnes , des dizaines de divinités descendant des cieux , des bateaux aux prises avec des mers agitées , des éruptions de volcans , des châteaux qui s’écroulent , des chevauchées de guerriers combattant des dragons dans les airs…Tout ceci impliquant maints flyings.
Ces super-productions de l’époque se répandent dans toute l’Europe.
C’est à cette époque que fut publié le premier livre contenant les plans de fabrications de machines à voler : «
Pratica di fabricar scene e macchine ne' teatri, » ( Ravenne, 1638 ) de Nicolas
Sabbattini ( ou
Sabbatini ), architecte et scénographe italien né à Pesaro en 1574 et mort dans sa ville natale le 25 décembre 1654.
Fig 4
Ce livre vient d’être ré-édité , je donne le lien Amazon dans les références en fin de post.
Extrait du livre :
Fig 5
Au moment où ce livre a été publié , beaucoup de lévitations et flyings décrits étaient déjà couramment utilisés .
Le livre ne décrit pas seulement les machines à voler, mais toute la machinerie utilisée par le Théâtre.
Nicola Sabatini était responsable de la machinerie au tout nouveau
Théâtre Farnese de Parme.
Fig 6: Théâtre Farnese de parme, construit par Ranuce Ier Farnèse, en italien Ranuccio I Farnese, Duc de Parme né le 28 mars 1569 à Parme (Italie) et mort le 5 mars 1622 à Parme.
Le travail de Sabbatini devait fortement influencer ses successeurs : Giocomo Torelli et Gaspare Vigarani. Mais dans un premier temps ce dernier fut éclipsé par la renommée que devait acquérir
Giocomo Torelli.
Giocomo Torelli : le Magicien de Venise
Peintre et scénographe italien.
Surnommé le Grand Sorcier, il perfectionna la machinerie théâtrale. Ses décors somptueux, peints sur des coulisses légères, étaient susceptibles de changements très rapides. Il transforma le Teatro Novissimo, à Venise, et y créa la scénographie de plusieurs opéras à partir de 1641. Son habileté et son ingéniosité étaient telles que la rumeur le crédita d’un pacte avec le Diable.
Le Théâtre Baroque s’étant déjà propagé dans toute l’Europe, la renommé de Torelli fut telle qu’il se vit appelé par Louis XIV à Versailles pour participer à la mise en scène et à l’installation de machinerie au Théâtre et à l’Opéra.
C’est ainsi qu’il créa un Flying pour Corneille, pour sa pièce « Andromède » en 1650.