Georges Melies
Georges
Méliès
8
décembre 1861 - 21 janvier 1938 |
Avertissement : Ceci n’est pas une bio,
mais juste une
tranche de vie. Un tranche de la vie de Georges Méliès exclusivement consacrée à la pretidigitation.
Le
nom de Méliès est encore aujourd’hui bien
connu du grand public, mais principalement à travers son œuvre
cinématographique. Il est l’un des pionniers de premier rang du cinéma
et "le" créateur des effets spéciaux. Si vous
questionnez votre
entourage, on vous citera facilement la tête qui grossit ou le
personnage qui
s’arrache la tête et la lance sur une portée musicale. Par contre, rares
sont
ceux qui savent qu’il était d’abord magicien.
En
1881 – 1882, Georges Méliès effectue son
service militaire à Blois. Certains auteurs parlent de ses visites au
Prieuré
de Robert Houdin où il s’émerveillait devant les trucages laissés par
le
Maître. Cette affirmation semble difficile à vérifier.
Méliès
avait l’esprit artiste et la fabrique de
chaussures de papa ne l’intéressait pas plus que ça. C’est en
Angleterre qu’il va
découvrir la magie. En 1884, son père l’envoie faire un séjour
linguistique à
Londres. En fait, l’idée première de papa Méliès est de l’éloigner
d’une jeune
fille (la fille d’un gardien d’immeuble) qui avait flairé la bonne
affaire en
la personne de Georges. En ces temps là, le mot mésalliance était de
mise et
donc on ne se mariait pas avec n’importe qui.
Un
soir, un ami anglais emmène le jeune Georges
à l’ Egyptian Hall, théâtre magique de John Nevil Maskelyne où se
produit David
Devant. Méliès est enchanté et demande à rencontrer l’artiste. Il lui
propose
de faire des décors, et comme il ne demande aucune compensation, Devant
ne se fait
pas prier. Il apprécie grandement le travail de Méliès ainsi que son
habileté
manuelle, à tel point qu’ un jour il lui propose de lui enseigner
quelques tours
de magie.
Ce
furent les premiers pas en Magie de Méliès.
Les progrès du jeune Georges Méliès sont étonnants, à tel point qu' un
jour
Devant lui dit :
" Je
vous ai appris la
magie pour vous distraire, mais lorsque je vous regarde, c’est moi qui
me
distrait "
Devant
le présente un soir au public, et c’est bourré de trac que Méliès fait " sa première scène " à l’Egyptian Hall. De retour en
France, il n’a qu’une envie, continuer de flirter avec
son tout nouvel amour, la magie.
Au
musée Grevin il rencontre un illusionniste du
nom de Dorville qui a ouvert un cabaret étrange " Le
Néant " où les
tables sont remplacées par des cercueils et les verre, des crânes.
Georges Méliès est aux anges (si l’on peut
dire) et va aider Dorville en apportant sa contribution sous la forme
de
plusieurs créations magiques originales.
Méliès
remplacera même Dorville dans ses
féeries fantastiques. Dorville créera deux autres cabarets :
L’Enfer et Le
Ciel. Georges Méliès qui éprouve une certaine sympathie pour le Diable
(on
retrouvera se penchant dans ses films) ne manque pas de faire de
mauvais jeux
de mots comme il les aime.
" Quand
j’incarne le
Diable, je signe Méliè parce que … Méphisto fait l’S "
En
1888, Jean Louis Stanislas Méliès, père de
Georges, Henri et Gaston décide de se retirer des affaires (la fabrique
de
chaussures) et de la céder à ses trois fils. Georges qui n’a jamais
montré le
moindre intérêt pour la chaussure demande sa part.
Fort
de ses 500,000 francs (une véritable
fortune à l’époque) Méliès va enfin pouvoir concrétiser ses rêves les
plus fous
en rachetant le Théâtre Robert Houdin.
Léonie
Robert Houdin, veuve de Emile Robert
Houdin, fils de l’illustre maître, a bien du mal à administrer le
fameux
théâtre. Elle fût un temps associée à un certain Dicksonn, mais celui-ci
à fort
mauvais caractère. Elle le quitte donc pour s’associer à Voisin. Quand
elle
vend les droits des soirées fantastiques ainsi que les automates à
Georges Méliès
pour la somme de 47000 francs, Disksonn ressentira une haine
perpétuelle à
l’égard de Méliès.
Les
clés en main, il se rend au 8, boulevard des
Italiens pour prendre possession de ses rêves. Je laisse ici la parole
à Madame
Madeleine Malthête Méliès qui nous conte à merveille la première soirée
de son
grand-père au théâtre Robert Houdin. (Méliès l’Enchanteur – 1973 –
Hachette)
" Il
passe sous la marquise, monte deux étages, pousse la porte et
reçoit au visage ce parfum de poudre de riz,
de poussière et
d'étoffe qui est celui des salles de spectacle.
Un à un il pousse les boutons qui actionnent les truquages dont
Robert-Houdin a
doté la scène. Il a alors l'impression qu'une
cascade d'applaudissements salue l'apparition des automates,
que des cris d'admiration
accompagnent leurs cabrioles.
Les
yeux fermés pour mieux
préserver son rêve, Georges
s'incline devant ces bravos imaginaires. Mais à cette claque invisible,
voilà que
d'autres applaudissements répondent, grêles et
métalliques : ceux des automates qui, pour un instant,
ne sont plus des robots... Et puis une voix s'élève, une voix chaude,
qui vient
du premier rang : Robert-Houdin
est là, lui aussi.
Il a voulu assister à la fête. Dans ce bruissement fantastique, Méliès
distingue de petites
voix aux sonorités de boîtes à musique, qui répètent : "Merci...,
merci." Les
automates ont compris qu'ils vont revivre... Le théâtre sait qu'il va
s'éveiller de sa longue somnolence, et Robert-Houdin peut enfin reposer
en paix
: il a un successeur digne de lui !
Quand
Georges rouvre les yeux, il n'y a plus ni bruit ni voix. Il n'y a
plus que des automates rangés à leur place qui le regardent avec des
yeux
vides... et dans la salle il n'y a personne. Mais à présent, Méliès a
senti
qu'il est accepté par ces mille petites choses invisibles, par tous ces
mystères dont Robert-Houdin avait peuplé son théâtre. "
Tout
n’est cependant pas si rose. S’il a acheté les droits du théâtre
Robert Houdin, il faut aussi payer un loyer pour les locaux qui de plus,
ont
besoin d’un sérieux rafraîchissement. Il y a aussi une troupe à faire
vivre.
Mais Méliès est un véritable amoureux de l’art et de la magie et sa
fortune
sera amplement employée à faire tourner le théâtre.
Il
fait refaire le théâtre et embauche un magicien aimé du
public du
nom de Duperrey. En effet, si Méliès est directeur du théâtre, créateur
d’illusion,
metteur en scène, décorateur et l’écrivain des saynètes magiques, il
apparaît
peu sur scène. Il est primordial de frapper un grand coup pour relancer
l’activité du théâtre. Un nouveau grand " truc " va
attirer le
public. C’est ainsi qu’il invente sa première GI, la fameuse " Stroubaïka
Persane ".
|
On a l’habitude de dire que Robert-Houdin avait " machiné " sa
salle de manière aussi efficace qu’invisible. Méliès saura en tirer parti de
façon magistrale, et Robert Houdin n’a certainement pas eu à rougir des
nouveaux spectacles qui y furent donnés. Le lecteur désireux de percer les
secrets de la scène de Robert Houdin pourra
se reporter à la biographie écrite par Christian Fechner " La Magie de Robert Houdin -tome
3 ".
Méliès assure lui même la promotion de la Stroubaïka Persane en ces termes:
" Vous présentez une planche garnie de ferrures, vous attachez le patient
par les mains et par les pieds, et pour compléter l’illusion, vous
faites sceller les cordes par le public. Vous suspendez cette planche
par quatre cordes, après avoir couvert votre sujet. Il joue du tambour
de basque, sonnettes, etc… et, au coup de pistolet, il se trouve parmi
le public sans avoir brisé les liens, ni les scellés. "
Il faut croire que son discours n’est pas assez percutant car Duperrey écrit dans ses notes personnelles :
"10
décembre 1888 : première représentation de la Stroubaïka Persane. M.
Méliès dit tout haut en parlant de l’absence des journalistes : " Je ne
peux quand même pas leur lécher le C…. "
Max Dif, dans " Histoire Illustrée de la Prestidigitation " en donne la description suivante.
" Au début de l'expérience, quatre piquets sont maintenus debout sur la
scène, comme des barres fixes de gymnastes, par des tendeurs de tirage.
Ces piquets sont reliés entre eux par des barres légères soutenant des
stores repliés, et portant chacun une corde terminée par un crochet. La
"Stroubaïka" est une grande planche qui est suspendue aux crochets. Le
patient, le "Persan" Djelfah-cl-Nadir, est couché sur la planche et
solidement immobilisé par un système de garrot pour le cou, de menottes
pour les poignets et de cangue pour les pieds. Des spectateurs sont
invités à vérifier l'installation. Les portes praticables de la scène
sont scellées' et cachetées, le dessous de la planche éclairé pour
interdire toute communication avec le plancher de la scène. Les stores
sont alors baissés jusqu'à la hauteur de la planche, laissant le
dessous de l'installation à la vue du public, en pleine lumière.
Entrouvrant le rideau, un présentateur place sur la poitrine du patient
du papier et des ciseaux. A l'ouverture des rideaux, le sujet est
toujours attaché, mais le papier est découpé en rosaces. Après quelques
actions tout aussi incompréhensibles du personnage garrotté, telle que
l'inscription sur une ardoise des solutions de quelques problèmes
arithmétiques posés par le public, on place enfin un pistolet sur la
poitrine du supplicié en lui disant de tirer lorsqu'il voudra s'évader.
En même temps, on invite quelques spectateurs à monter sur la scène et
à circuler autour de l'appareil. Au coup de pistolet, les rideaux sont
ouverts brusquement : le Persan a disparu et réapparaît aussitôt au
fond de la salle. Ce dénouement est accueilli avec stupéfaction par le
public figé pendant quelques secondes avant de songer à applaudir. " |
Peut-on dire que l’illusion suivante est ce qui nous reste
de la Stroubaïka Persane ? Peut être, mais juste une toute petite
partie alors !
Paul Daniels BBC – 1991

|
Dany Lari – PGCDM – janvier 2002

|
Dans les lignes qui suivent, j’ai rassemblé toutes les
informations en ma possession sur les grandes créations magiques de
Georges Méliès. Elles sont classées chronologiquement, et
malheureusement pour certaines je n’ai aucune information, sinon le
titre.
___1889___
Malgré
la concurrence déloyale et peut honorable de Dicksonn (toujours aussi
jaloux) qui s’installe pratiquement sous les fenêtres du théâtre Robert
Houdin en présentant des illusions à l’identique de celles de Méliès ou
en organisant des conférences sur la "prestidigitation dévoilée" pour
discréditer les expériences de Méliès, ce
dernier va attirer les foules par la création de nouvelles merveilles
originales ainsi que des présentations très personnelles des prestiges
de Robert Houdin.
L’Enchanteur Alcofrisbas :
La première version de ce qui deviendra le décapité récalcitrant deux
ans plus tard. Alcofrisbas court après sa tête qu’un squelette emporte.
C’est une technique semblable au flying théâtral qui a été utilisée
pour réaliser ce miracle. Un rail a été fixé dans les cintres sur
lequel roule un chariot actionné par un fil de rappel. Les roues du
chariot actionnent des bielles, elles même reliées aux membres du
squelette par des câbles fins. Le mouvement des bielles donne ainsi vie
au squelette. Un jeu de lumière adéquat rend les fils invisibles. Tout
le monde adore, les femmes poussent de petits cris d’épouvante et
Méliès en coulisse jubile tout en encourageant ses acteurs.
|

La Fée des Fleurs ou Le Miroir de Cagliostro:
présenté non pas sur scène, mais dans ce qu’on appelle le foyer. C’est
davantage un entresort qu’une illusion. L’image des spectateurs
se reflète dans un miroir et se transforme soudain en parterre de
fleurs. Au milieu de celui-ci un bouquet duquel apparaît une tête de
femme bien vivante. (Jehanne d’Alcy l’interprète de nombreuses
illusions de Georges Méliès mais aussi sa deuxième femme de 1926
jusqu’à son dernier jour)
| Le Page Mystérieux : ___1890___ Hypnotisme Catalepsie et Magnétisme :
Méliès part en guerre contre les charlatans qui exploitent la crédulité
humaine en se cachant derrière de soit disant sciences occultes.
Quelques 50 ans plus tard, il relate cette période dans une série
d’article. " En ce temps-là, écrit Méliès, j'avais vingt-neuf ans, j'étais très
combatif. Mais je n'étais pas le seul. Une nuée de soi-disant médiums
étrangers s'était abattue sur les salons parisiens, et leurs
expériences, pourtant obtenues par des procédés plus que rudimentaires,
faisaient tourner bien des têtes. La foi, chez les adeptes'du
spiritisme, est indéracinable et la bêtise humaine incommensurable. En
vain Raynaly. Dicksonn. Caroly (premier du nom) et moi-même, avec
Harmington et le savant Wilfried de Fonvielle, nous avions multiplié la
reproduction des expériences exécutées par les médiums dans des
conférences, dans les mairies, en démontrant leur absence de sincérité,
en vain avions-nous écrit de nombreux articles et jeté d'innombrables
défis aux spirites qui refusèrent toujours d'opérer devant des
professionnels de l'Illusion, rien n'y faisait, les gogos continuaient
à se laisser plumer. Aussi, un beau jour, en désespoir de cause, je me
proposai de frapper un grand coup en reproduisant ces expériences dans
des conditions jamais réalisées auparavant, c'est-à-dire non plus dans
une obscurité presque totale, comme c'est l'usage chez les spirites,
mais dans une lumière éclatante, sur une scène hermétiquement close,
sauf du côté des spectateurs, et tout à fait à l'avant-scène, à 80
centimètres à peine du premier rang. C'était difficile, mais je réussis
au-delà de toute espérance, après nombre d’essais, de tâtonnements et
en m'acharnant avec persévérance à vaincre les difficultés que je
m'imposais volontairement. " Afin que les choses soient claires, il commence son spectacle par ces mots : " N’oubliez pas un instant que nous sommes dans un théâtre d’illusions,
que tout ce que je vous dirai est pur mensonge ; mais je joue ici le
rôle d’un spirite convaincu et je dois me mettre dans la peau du
personnage ; à votre perspicacité de découvrir les moyens employés,
mais je tenais à vous prévenir, en toute sincérité, car ce que vous
allez voir dépasse de beaucoup les phénomènes produits par ceux qui se
nomment des médiums. " C’est ainsi qu’après
quelques expériences classiques de lévitation d’objets, il fait
apparaître en pleine lumière un fantôme qui va et vient sur la scène
pour finalement disparaître dans le " grand livre de sciences occultes ". Certains médiums, que rien de dérange, ont même
eu l’audace de demander à Méliès de venir refaire les expériences dans
leur salon. Inutile de dire que la réponse a été sèche. | 
Le Nain Jaune :
Le Nain Jaune est une succession d’apparitions et de disparitions dont
le climax enthousiasme autant qu’il stupéfait les foules. Une malle est
apportée sur scène et simultanément une autre est installée au fond de
la salle. Le " Nain Jaune " prend place dans la malle de la scène. Au
coup de feu, on ouvre la malle de la scène qui est vide, alors que
celle du fond de la salle s’ouvre seule d’où jaillit le Nain Jaune.
Marcalbert, grand spécialiste de la grande illusion, nous dévoile tous
les secrets du Nain Jaune dans les numéros 68 et 69 du magazine " Le
Magicien ". |
Le Manoir du Diable :

| |
Le Valet de Trèfle Vivant :
___1891___
Fondation de l’Académie de Prestidigitation : Les magiciens ambulants sont régulièrement en butte aux tracasseries
policières. Assimilés aux " romanichels " la vie n’est pas facile. Méliès,
afin de les aider, fonde l’Académie de Magie dont il est le président. Le
siège est au Théâtre Robert Houdin. Etre reconnu " Maître Magicien "
n’est pas une simple formalité. Il faut passer un examen et prêter serment
devant ses pairs de ne dévoiler aucun secret. Le débinage n’est pas de mise.
Georges Méliès est aussi à l’origine des concours dotés de prix et de
diplômes. Ceux-ci sont très recherchés car ils assurent une reconnaissance
certaine et en province l’éclat indéniable de la capitale.
| Le Décapité Récalcitrant : C’est une nouvelle version améliorée de l’enchanteur Alcofrisbas. Le succès est
immédiat et la salle refuse du monde. Cette bouffonnerie fantastique
peut s’enorgueillir du record de longévité avec plus de
1 200
représentations. Méliès avait évité avec soin le côté macabre et
funeste des " coupeurs de têtes ", un grande majorité de son public
étant des enfant. Et pourtant ….
deux
spectateurs aussi étranges qu’assidus, vêtus de noir, assistent
régulièrement aux représentations. Ils sont silencieux, ne manifestent
aucune émotion, s’en vont comme ils sont venus pour assister le
lendemain à la représentation. Méliès, intrigué, envoie un de ses
assistants pour percer leur secret. Quelle ne fut pas sa surprise en
apprenant qu’il s’agissait de Deibler et de son assistant qui venaient
pour se " documenter ". (Deibler était le bourreau exécuteur des hautes
œuvres de la république). | 
Les Farces de la Lune ou Les Mésaventures de Nostradamus :
Cette farce à grand spectacle sur la toute petite scène du théâtre
Robert Houdin présage déjà du film " voyage dans la Lune " de 1902 et
qui fait encore aujourd’hui l’admiration du public. | Le Calife de Bagdad : Disparition instantanée d’un personnage vivant devant le public.
 | ___1892___
Charlatan Fin de Siècle : Le héros explose en mille morceaux et la tête toujours vivante s’encadre dans une horloge.
La Source Enchantée : Un autre entresort dans lequel la tête de Jehanne d’Arcy joue le premier rôle.
 | Daï Kang :
Isys :
___1893___
| L’Escarpolette Polonaise :
Une autre grande illusion dans laquelle le personnage principal est le
polonais Kamelski qui est en fait Eugène Camels, fidèle assistant de
Méliès. Il est aussi un mécanicien de confiance puisque c’est lui qui
répare et entretient les automates de Robert Houdin. Et comme ses
ressources sont infinies, il était aussi le Perse de la Stroubaïka.
Camels
revêtu d’un magnifique costume cosaque disparaît d’une balançoire
suspendue dans les airs sous les yeux du public stupéfait. L’illusion
repose beaucoup sur le talent d’un bonimenteur qui doit détourner
l’attention du public pendant les phases un peu critiques. Le pianiste
joue aussi un grand rôle en cachant de ses accords les bruits suspects
de la machinerie. | ___1894___
L’Auberge du Diable : Pour fêter le retour de Jehanne d’Arcy exilée par amour depuis un an dans le fog londonien, Méliès crée cette nouvelle féerie. . |  Château de Mesmer :
Grande fresque en sept tableaux animée par Duperrey. On peut y voir Les
Feux Follets, La Main divineresse ou Le Portrait animé. Bien que le
spectacle soit entièrement conçu par Méliès, il a déjà l’esprit
ailleurs et rêve de ces images animées qui commencent à prendre forme. | Jules Eugène Legris rejoint la troupe de Méliès et deviendra prestidigitateur en titre pendant 20 ans.
___1895___
Rêve de Coppelius : Illusion d’optique tirée du conte d’Hoffmann.
Thomas Oldboot :
___1896___
Pilori :
| 
Miracle du Brahmine : " Illusion éthérée inédite de M. Méliès " sont les mots qui annoncent cette nouvelle illusion dans le programme. | Rayons Roentgen : Premier pas vers le trucage cinématographique.
___1897___
A
partir du mois de septembre, les soirées sont entièrement consacrées au
cinéma, les représentations magiques n’ayant lieu qu’en matinée les
jeudis et les dimanches.
La Cage d’Or : Dernière création magique de Méliès pour plusieurs années.
Mystère de Memphis ou la Résurrection de Cléopâtre :
___1901___
Dans
la nuit du 30 janvuer, le théâtre Robert Houdin est en
parti détruit par un incendie. Mélies nous raconte lui même cette
nuit qui a bien failli être la dernière du théâtre.
"J'eus
la chance d'être réveillé en pleine nuit par un agent à mon domicile,
22, rue Chauchat et, courant au théâtre, je réussis quoique seul,
inondé par des torrents d*eau sale et risquant de recevoir sur la tête
le plafond ruisselant, à retirer de la scène les consoles, tables,
accessoires précieux, automates, pièces mécaniques qui s'y trouvaient
et à les mettre en lieu sûr. Après cet exercice exténuant et cette
douche désagréable, je semblais être tombé dans-un égout et j'étais
fait comme un clochard C'est une nuit, on me croira sans peine, que je
n'oublierai jamais, et cependant je certifie que j'étais bien heureux
d'avoir sauvé le principal et encore plus heureux de m'en être tiré
sans grand dommage, car dix ou douze minutes après que j'avais terminé
ce travail hasardeux, l'effondre-ment du plafond se produisait et les
matériaux des deux étages au-dessus comblaient la salle. Pendant les
neuf mois que dura la réfection, je dus louer le théâtre des Capucines
et y continuer nos représentations. "
Méliès refait la scène et toute la décoration.
___1904___
La
jalousie de Dicksonn est toujours vive. Il est à l’origine d’une
scission au sein de l’Académie de Prestidigitation en débauchant une
vingtaine d’adhérents de l’association de Méliès. Il fonde "
L’Association Syndicale des Artistes Prestidigitateurs " (ASAP ancêtre
de l’AFAP, aujourd’hui FFAP) alors que Méliès avec les frères Isola et
une soixantaine d’amis transforme l’Académie en " Chambre Syndicale de
la Prestidigitation "
Ce soir du 24 mai, il dit à sa femme Eugénie :
" Pourquoi les gens éprouvent-ils le besoin de se déchirer, de se mordre
? La vie est si courte, et il y a tant d’occasions de la trouver
belle…. Je n’admettrai jamais la méchanceté, la jalousie et la haine ! "
___1905___
Pour
la commémoration du centenaire de la naissance de Robert Houdin,
exceptionnellement Méliès monte sur scène pour présenter Antonio
Diavolo devant un public de connaisseurs qui apprécient la prestation à
sa juste valeur.
Nouveau Miracle de Brahmine :
___1907___
Osiris : Merveilleuse fantaisie égyptienne.
___1908___
Diable Vert :
Phénomènes
du Spiritisme : Georges Méliès est contraint de fermer ses deux studios
de Montreuil. Il peut se consacrer à son théâtre, d’autant plus que son
frère Gaston lui envoie de l’argent des Etats-Unis, revenus de la
société de cinéma. Il crée donc Phénomènes du Spiritisme, un grand
spectacle dans lequel il reprend certains des effets de " Hypnotisme,
Catalepsie et Magnétisme " de 1890.
|  ___1910___
Suite
aux grandes inondations de la capitale pendant l’hiver 1910, un gala
est donné au théâtre Robert Houdin au bénéfice des victimes. Tous les
grands noms de la magie répondent présent et en particulier Raynaly et
Legris. Georges Méliès est heureux, d’autant plus qu’une nouvelle crise
se prépare au sein de la chambre syndicale. Le " professeur Dicksonn "
est encore à l’origine de la discorde. Il a débauché une vingtaine de
membres de la chambre syndicale. Il a peur que, Méliès ne faisant plus
de cinéma et se consacrant de nouveau à plein temps à la magie,
celui-ci retrouve toute son influence dans le monde magique.
La
médium italienne Eusapia Palladino doit venir à Paris et Dicksonn
espère bien qu’on fera appel à lui pour contrôler les expériences. Le "
professeur " est vert de rage quand il apprend que c’est Méliès qui a
été choisi.
Eusapia
a déjà été dénoncé aux états unis et Méliès ne manque pas lui aussi de
relever la supercherie. Georges Méliès aime bien les spectacles de
spiritisme mais ne manque jamais de prévenir son public que ce qu’il va
voir n’est qu’illusion et trucage.
Georges
Méliès travaille en grand secret dans son théâtre sur une création
commandée par Lord Barrasford, directeur de l’Alhambra. Les Fantômes du
Nil remporteront un immense succès et Méliès montre qu’il n’a rien
perdu de ses dons de grand créateur.
Marinelli,
le directeur de l’Olympia veut également monter la revue. Les rapports
sont assez houleux et le contrat est rompu. Méliès décide donc de
partir en tournée. Il lui faut pour cela un wagon entier pour stocker
le matériel. Il ira ainsi à Grenoble, puis en Belgique à Louvain et
enfin en Italie. Les frais de transport sont énormes et engloutissent
la plus grande partie des recettes.
Le
3 décembre, à Paris, il prononce un discours lors d’un banquet en
l’honneur de Robert Houdin. Il y décrit le magicien parfait :
" L’adresse, le savoir, la maîtrise de l’exécution sont insuffisants pour
faire un parfait prestidigitateur et la bonne présentation est la
qualité primordiale, capitale, la plus difficile de toutes à acquérir
parce qu’elle demande à la fois un psychologue, un homme sachant sa
langue et sachant s’en servir, un comédien, un improvisateur gai et
spirituel, Cela aussi c’est un don. "
Et le journal l’Illusionniste dans son compte rendu parle de Méliès en ces termes :
" Impossible d’analyser monsieur Méliès, il est merveilleux :
Caricaturiste étonnant, prestidigitateur inouï, conférencier
humoristique, il transporte son auditoire. "
| ___1911___
Méliès
repart sur les routes pour présenter les Fantômes du Nil. Il sera au
cirque Parish de Madrid, aux Baléares, à Oran et à Alger. Il remporte
partout un triomphe, mais à son retour à Paris, les caisses sont
désespérément vides.
___1914___
Les finances
sont au plus bas. Dans une lettre en anglais, datée du 8 mars 1914 à
John Nevil Maskelyne, Georges Méliès lui propose de racheter les
automates de Robert Houdin. Les prix sont les suivants :
Antonio Diavolo Génie des roses Arlequin Pâtissier du Palais Royal L’Oranger merveilleux Pendule mystérieuse La corbeille de roses | 12.000 frs 12.000 frs 9.000 frs 8.000 frs 5.000 frs 2.000 frs 1.000 frs |
Une
conversion purement économique veut qu’un franc 1914 vaille environ
aujourd’hui 2,8 euros. Je doute fort que Antonio Diavolo soit cédé au
prix de 34.000 euros ou L’oranger pour 14.000 euros. Mais il est
toujours permis de rêver !!!!
La transaction ne
se fera pas et finalement Méliès fera don au conservatoire des arts et
métiers des merveilleux automates en 1929.
Le
théâtre Robert Houdin reste encore une des meilleures salles de cinéma
de Paris par ses recettes avec un peu plus de 760,000 francs par ans.
On est loin de la gloire d’antant, mais ça permet d’attendre la
liquidation de la société de cinéma des USA.
Malheureusement
le 3 août 1914 sonne la déclaration de guerre avec l’Allemagne. La
préfecture de Paris fait fermer tous les théâtres parisiens. Méliès et
les siens fuient Paris.
___1915___
C’est
le retour à Paris et en avril le théâtre rouvre ses portes et avec
elles les séances de prestidigitation. Ce sont Maurier, Alvarez et bien
sur Legris qui assurent les spectacles les jeudis et les dimanches. Le
reste du temps ce sont les projections cinématographiques.
___1920___
Le
13 juillet 1920, c’est avec beaucoup d’émotion que Georges Méliès donna
la dernière représentation des soirées fantastiques de Robert Houdin
assisté par Henri Maurier.
___1923___
L’immeuble dans lequel est situé le théâtre Robert Houdin est détruit pour permettre le prolongement du boulevard Haussmann.
| ___1933___
Henri
Maurier, vice président de la chambre syndicale de la prestidigitation
écrit au concervatoire des Arts et Métiers au sujet des automates de
Robert Houdin. Voici la réponse qui sera donnée.
" Comme suite à la demande que vous m'avez adressée au sujet des
automates et accessoires provenant du théâtre Robert-Houdin, j'ai
l'honneur de vous informer que les pièces qui nous avaient été remises
sur la demande de M. Méliès, après examen, furent jugées en très
mauvais état, conséquence de leur long séjour dans les caves humides de
Montreuil.
Dans
un tel état, ces pièces ne purent être exposées dans nos collections.
Elles furent ensuite déposées dans un grenier, où elles restèrent
quelques années à la chaleur et au froid et où elles achevèrent de se
détériorer. En procédant à la réinstallation de ces greniers, un
accident dû à la chute d'un madrier réduisit à rien la valeur de ces
pièces qui furent réformées définitivement. C'est pourquoi j'ai le
grand regret de vous informer que, malgré le grand désir que j'aurais à
satisfaire votre demande, je n'ai plus qu'à vous présenter mes regrets
résultant d'un cas de force majeure.
Pour le directeur et par autorisation,
L'inspecteur des services administratifs Conservateur des Collections
LANDAIS
Suite à cet étrange courrier, Landais, le conservateur sera déplacé.
Mais
les mystères de la magie sont impénétrables puisque aujourd’hui, ces
automates sont bien vivants pour notre plus grand plaisir.
Sources :
Méliès l’Enchanteur – Madeleine Malthête Méliès Méliès magie et cinéma – Jacques Malthête et Laurent Mannoni La magie de Robert Houdin – Christian fechner Histoire Illustrée de la Prestidigitation - Max Dif Les Illusionnistes et leurs secrets – Michel Seldow Méliès : le cinémagicien – DVD
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