Vendredi 25 Juillet 2008  
Accueil Actualités Agenda Débuter Rencontrer Découvrir Patrimoine new!!!
MagicZooM en FrancaisMagicZooM in English
Georges Melies
Georges Méliès  
8 décembre 1861 - 21 janvier 1938

Avertissement : Ceci n’est pas une bio, mais juste une tranche de vie. Un tranche de la vie de Georges Méliès exclusivement consacrée à la pretidigitation.

Le nom de Méliès est encore aujourd’hui bien connu du grand public, mais principalement à travers son œuvre cinématographique. Il est l’un des pionniers de premier rang du cinéma et "le" créateur des effets spéciaux. Si vous questionnez votre entourage, on vous citera facilement la tête qui grossit ou le personnage qui s’arrache la tête et la lance sur une portée musicale. Par contre, rares sont ceux qui savent qu’il était d’abord magicien.

 En 1881 – 1882, Georges Méliès effectue son service militaire à Blois. Certains auteurs parlent de ses visites au Prieuré de Robert Houdin où il s’émerveillait devant les trucages laissés par le Maître. Cette affirmation semble difficile à vérifier.

 Méliès avait l’esprit artiste et la fabrique de chaussures de papa ne l’intéressait pas plus que ça. C’est en Angleterre qu’il va découvrir la magie. En 1884, son père l’envoie faire un séjour linguistique à Londres. En fait, l’idée première de papa Méliès est de l’éloigner d’une jeune fille (la fille d’un gardien d’immeuble) qui avait flairé la bonne affaire en la personne de Georges. En ces temps là, le mot mésalliance était de mise et donc on ne se mariait pas avec n’importe qui.

 Un soir, un ami anglais emmène le jeune Georges à l’ Egyptian Hall, théâtre magique de John Nevil Maskelyne où se produit David Devant. Méliès est enchanté et demande à rencontrer l’artiste. Il lui propose de faire des décors, et comme il ne demande aucune compensation, Devant ne se fait pas prier. Il apprécie grandement le travail de Méliès ainsi que son habileté manuelle, à tel point qu’ un jour il lui propose de lui enseigner quelques tours de magie.

 Ce furent les premiers pas en Magie de Méliès. Les progrès du jeune Georges Méliès sont étonnants, à tel point qu' un jour Devant lui dit :

 " Je vous ai appris la magie pour vous distraire, mais lorsque je vous regarde, c’est moi qui me distrait "

 Devant le présente un soir au public, et c’est bourré de trac que Méliès fait " sa première scène " à l’Egyptian Hall. De retour en France,  il n’a qu’une envie, continuer de flirter avec son tout nouvel amour, la magie.

 Au musée Grevin il rencontre un illusionniste du nom de Dorville qui a ouvert un cabaret étrange " Le Néant " où les tables sont remplacées par des cercueils et les verre, des crânes.  Georges Méliès est aux anges (si l’on peut dire) et va aider Dorville en apportant sa contribution sous la forme de plusieurs créations magiques originales.

 Méliès remplacera même Dorville dans ses féeries fantastiques. Dorville créera deux autres cabarets : L’Enfer et Le Ciel. Georges Méliès qui éprouve une certaine sympathie pour le Diable (on retrouvera se penchant dans ses films) ne manque pas de faire de mauvais jeux de mots comme il les aime.

 " Quand j’incarne le Diable, je signe Méliè parce que … Méphisto fait l’S "

 En 1888, Jean Louis Stanislas Méliès, père de Georges, Henri et Gaston décide de se retirer des affaires (la fabrique de chaussures) et de la céder à ses trois fils. Georges qui n’a jamais montré le moindre intérêt pour la chaussure demande sa part.

 Fort de ses 500,000 francs (une véritable fortune à l’époque) Méliès va enfin pouvoir concrétiser ses rêves les plus fous en rachetant le Théâtre Robert Houdin.

Léonie Robert Houdin, veuve de Emile Robert Houdin, fils de l’illustre maître, a bien du mal à administrer le fameux théâtre. Elle fût un temps associée à un certain Dicksonn, mais celui-ci à fort mauvais caractère. Elle le quitte donc pour s’associer à Voisin. Quand elle vend les droits des soirées fantastiques ainsi que les automates à Georges Méliès pour la somme de 47000 francs, Disksonn ressentira une haine perpétuelle à l’égard de Méliès.

 Les clés en main, il se rend au 8, boulevard des Italiens pour prendre possession de ses rêves. Je laisse ici la parole à Madame Madeleine Malthête Méliès qui nous conte à merveille la première soirée de son grand-père au théâtre Robert Houdin. (Méliès l’Enchanteur – 1973 – Hachette)

 " Il passe sous la marquise, monte deux étages, pousse la porte et reçoit au visage ce parfum de poudre de riz, de poussière et d'étoffe qui est celui des salles de spectacle. Un à un il pousse les boutons qui actionnent les truquages dont Robert-Houdin a doté la scène. Il a alors l'impression qu'une cascade d'applaudissements salue l'apparition des automates, que des cris d'admiration accompagnent leurs cabrioles.

Les yeux fermés pour mieux préserver son rêve, Georges s'incline devant ces bravos imaginaires. Mais à cette claque invisible, voilà que d'autres applaudissements répondent, grêles et métalliques : ceux des automates qui, pour un instant, ne sont plus des robots... Et puis une voix s'élève, une voix chaude, qui vient du premier rang : Robert-Houdin est là, lui aussi. Il a voulu assister à la fête. Dans ce bruissement fantastique, Méliès distingue de petites voix aux sonorités de boîtes à musique, qui répètent : "Merci..., merci." Les automates ont compris qu'ils vont revivre... Le théâtre sait qu'il va s'éveiller de sa longue somnolence, et Robert-Houdin peut enfin reposer en paix : il a un successeur digne de lui !

Quand Georges rouvre les yeux, il n'y a plus ni bruit ni voix. Il n'y a plus que des automates rangés à leur place qui le regardent avec des yeux vides... et dans la salle il n'y a personne. Mais à présent, Méliès a senti qu'il est accepté par ces mille petites choses invisibles, par tous ces mystères dont Robert-Houdin avait peuplé son théâtre. "

 Tout n’est cependant pas si rose. S’il a acheté les droits du théâtre Robert Houdin, il faut aussi payer un loyer pour les locaux qui de plus, ont besoin d’un sérieux rafraîchissement. Il y a aussi une troupe à faire vivre. Mais Méliès est un véritable amoureux de l’art et de la magie et sa fortune sera amplement employée à faire tourner le théâtre.

 Il fait refaire le théâtre et embauche un magicien aimé du public du nom de Duperrey. En effet, si Méliès est directeur du théâtre, créateur d’illusion, metteur en scène, décorateur et l’écrivain des saynètes magiques, il apparaît peu sur scène. Il est primordial de frapper un grand coup pour relancer l’activité du théâtre. Un nouveau grand " truc " va attirer le public. C’est ainsi qu’il invente sa première GI, la fameuse " Stroubaïka Persane ".

On a l’habitude de dire que Robert-Houdin avait " machiné " sa salle de manière aussi efficace qu’invisible. Méliès saura en tirer parti de façon magistrale, et Robert Houdin n’a certainement pas eu à rougir des nouveaux spectacles qui y furent donnés. Le lecteur désireux de percer les secrets  de la scène de Robert Houdin pourra se reporter à la biographie écrite par Christian Fechner " La Magie de Robert Houdin -tome 3 ".

Méliès assure lui même la promotion de la Stroubaïka Persane en ces termes:

" Vous présentez une planche garnie de ferrures, vous attachez le patient par les mains et par les pieds, et pour compléter l’illusion, vous faites sceller les cordes par le public. Vous suspendez cette planche par quatre cordes, après avoir couvert votre sujet. Il joue du tambour de basque, sonnettes, etc… et, au coup de pistolet, il se trouve parmi le public sans avoir brisé les liens, ni les scellés. "

Il faut croire que son discours n’est pas assez percutant car Duperrey écrit dans ses notes personnelles :

"10 décembre 1888 : première représentation de la Stroubaïka Persane. M. Méliès dit tout haut en parlant de l’absence des journalistes : " Je ne peux quand même pas leur lécher le C…. "

Max Dif, dans  " Histoire Illustrée de la Prestidigitation " en donne la description suivante.

" Au début de l'expérience, quatre piquets sont maintenus debout sur la scène, comme des barres fixes de gymnastes, par des tendeurs de tirage. Ces piquets sont reliés entre eux par des barres légères soutenant des stores repliés, et portant chacun une corde terminée par un crochet. La "Stroubaïka" est une grande planche qui est suspendue aux crochets. Le patient, le "Persan" Djelfah-cl-Nadir, est couché sur la planche et solidement immobilisé par un système de garrot pour le cou, de menottes pour les poignets et de cangue pour les pieds. Des spectateurs sont invités à vérifier l'installation. Les portes praticables de la scène sont scellées' et cachetées, le dessous de la planche éclairé pour interdire toute communication avec le plancher de la scène. Les stores sont alors baissés jusqu'à la hauteur de la planche, laissant le dessous de l'installation à la vue du public, en pleine lumière. Entrouvrant le rideau, un présentateur place sur la poitrine du patient du papier et des ciseaux. A l'ouverture des rideaux, le sujet est toujours attaché, mais le papier est découpé en rosaces. Après quelques actions tout aussi incompréhensibles du personnage garrotté, telle que l'inscription sur une ardoise des solutions de quelques problèmes arithmétiques posés par le public, on place enfin un pistolet sur la poitrine du supplicié en lui disant de tirer lorsqu'il voudra s'évader. En même temps, on invite quelques spectateurs à monter sur la scène et à circuler autour de l'appareil. Au coup de pistolet, les rideaux sont ouverts brusquement : le Persan a disparu et réapparaît aussitôt au fond de la salle. Ce dénouement est accueilli avec stupéfaction par le public figé pendant quelques secondes avant de songer à applaudir. "
Peut-on dire que l’illusion suivante est ce qui nous reste de la Stroubaïka Persane ? Peut être, mais juste une toute petite partie alors !

Paul Daniels BBC – 1991


Dany Lari – PGCDM – janvier 2002

Dans les lignes qui suivent, j’ai rassemblé toutes les informations en ma possession sur les grandes créations magiques de Georges Méliès. Elles sont classées chronologiquement, et malheureusement pour certaines je n’ai aucune information, sinon le titre.

___1889___

Malgré la concurrence déloyale et peut honorable de Dicksonn (toujours aussi jaloux) qui s’installe pratiquement sous les fenêtres du théâtre Robert Houdin en présentant des illusions à l’identique de celles de Méliès ou en organisant des conférences sur la "prestidigitation dévoilée" pour discréditer les expériences de Méliès, ce dernier va attirer les foules par la création de nouvelles merveilles originales ainsi que des présentations très personnelles des prestiges de Robert Houdin.

L’Enchanteur Alcofrisbas : La première version de ce qui deviendra le décapité récalcitrant deux ans plus tard. Alcofrisbas court après sa tête qu’un squelette emporte. C’est une technique semblable au flying théâtral qui a été utilisée pour réaliser ce miracle. Un rail a été fixé dans les cintres sur lequel roule un chariot actionné par un fil de rappel. Les roues du chariot actionnent des bielles, elles même reliées aux membres du squelette par des câbles fins. Le mouvement des bielles donne ainsi vie au squelette. Un jeu de lumière adéquat rend les fils invisibles. Tout le monde adore, les femmes poussent de petits cris d’épouvante et Méliès en coulisse jubile tout en encourageant ses acteurs.



La Fée des Fleurs ou Le Miroir de Cagliostro
: présenté non pas sur scène, mais dans ce qu’on appelle le foyer. C’est davantage un entresort qu’une illusion.  L’image des spectateurs se reflète dans un miroir et se transforme soudain en parterre de fleurs. Au milieu de celui-ci un bouquet duquel apparaît une tête de femme bien vivante. (Jehanne d’Alcy l’interprète de nombreuses illusions de Georges Méliès mais aussi sa deuxième femme de 1926 jusqu’à son dernier jour)

Le Page Mystérieux :

___1890___

Hypnotisme Catalepsie et Magnétisme : Méliès part en guerre contre les charlatans qui exploitent la crédulité humaine en se cachant derrière de soit disant sciences occultes. Quelques 50 ans plus tard, il relate cette période dans une série d’article.

" En ce temps-là, écrit Méliès, j'avais vingt-neuf ans, j'étais très combatif. Mais je n'étais pas le seul. Une nuée de soi-disant médiums étrangers s'était abattue sur les salons parisiens, et leurs expériences, pourtant obtenues par des procédés plus que rudimentaires, faisaient tourner bien des têtes. La foi, chez les adeptes'du spiritisme, est indéracinable et la bêtise humaine incommensurable. En vain Raynaly. Dicksonn. Caroly (premier du nom) et moi-même, avec Harmington et le savant Wilfried de Fonvielle, nous avions multiplié la reproduction des expériences exécutées par les médiums dans des conférences, dans les mairies, en démontrant leur absence de sincérité, en vain avions-nous écrit de nombreux articles et jeté d'innombrables défis aux spirites qui refusèrent toujours d'opérer devant des professionnels de l'Illusion, rien n'y faisait, les gogos continuaient à se laisser plumer. Aussi, un beau jour, en désespoir de cause, je me proposai de frapper un grand coup en reproduisant ces expériences dans des conditions jamais réalisées auparavant, c'est-à-dire non plus dans une obscurité presque totale, comme c'est l'usage chez les spirites, mais dans une lumière éclatante, sur une scène hermétiquement close, sauf du côté des spectateurs, et tout à fait à l'avant-scène, à 80 centimètres à peine du premier rang. C'était difficile, mais je réussis au-delà de toute espérance, après nombre d’essais, de tâtonnements et en m'acharnant avec persévérance à vaincre les difficultés que je m'imposais volontairement. "

Afin que les choses soient claires, il commence son spectacle par ces mots :

" N’oubliez pas un instant que nous sommes dans un théâtre d’illusions, que tout ce que je vous dirai est pur mensonge ; mais je joue ici le rôle d’un spirite convaincu et je dois me mettre dans la peau du personnage ; à votre perspicacité de découvrir les moyens employés, mais je tenais à vous prévenir, en toute sincérité, car ce que vous allez voir dépasse de beaucoup les phénomènes produits par ceux qui se nomment des médiums. "

C’est ainsi qu’après quelques expériences classiques de lévitation d’objets, il fait apparaître en pleine lumière un fantôme qui va et vient sur la scène pour finalement disparaître dans le " grand livre de sciences occultes ".

Certains médiums, que rien de dérange, ont même eu l’audace de demander à Méliès de venir refaire les expériences dans leur salon. Inutile de dire que la réponse a été sèche.


Le Nain Jaune : Le Nain Jaune est une succession d’apparitions et de disparitions dont le climax enthousiasme autant qu’il stupéfait les foules. Une malle est apportée sur scène et simultanément une autre est installée au fond de la salle. Le " Nain Jaune " prend place dans la malle de la scène. Au coup de feu, on ouvre la malle de la scène qui est vide, alors que celle du fond de la salle s’ouvre seule d’où jaillit le Nain Jaune. Marcalbert, grand spécialiste de la grande illusion, nous dévoile tous les secrets du Nain Jaune dans les numéros 68 et 69 du magazine " Le Magicien ".
Le Manoir du Diable :

Le Valet de Trèfle Vivant :

___1891___

 Fondation de l’Académie de Prestidigitation : Les magiciens ambulants sont régulièrement en butte aux tracasseries policières. Assimilés aux " romanichels " la vie n’est pas facile. Méliès, afin de les aider, fonde l’Académie de Magie dont il est le président. Le siège est au Théâtre Robert Houdin. Etre reconnu " Maître Magicien " n’est pas une simple formalité. Il faut passer un examen et prêter serment devant ses pairs de ne dévoiler aucun secret. Le débinage n’est pas de mise.

Georges Méliès est aussi à l’origine des concours dotés de prix et de diplômes. Ceux-ci sont très recherchés car ils assurent une reconnaissance certaine et en province l’éclat indéniable de la capitale.

Le Décapité Récalcitrant : C’est une nouvelle version améliorée de l’enchanteur Alcofrisbas. Le succès est immédiat et la salle refuse du monde. Cette bouffonnerie fantastique peut s’enorgueillir du record de longévité avec plus de

1 200 représentations. Méliès avait évité avec soin le côté macabre et funeste des " coupeurs de têtes ", un grande majorité de son public étant des enfant. Et pourtant ….

deux spectateurs aussi étranges qu’assidus, vêtus de noir, assistent régulièrement aux représentations. Ils sont silencieux, ne manifestent aucune émotion, s’en vont comme ils sont venus pour assister le lendemain à la représentation. Méliès, intrigué, envoie un de ses assistants pour percer leur secret. Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant qu’il s’agissait de Deibler et de son assistant qui venaient pour se " documenter ". (Deibler était le bourreau exécuteur des hautes œuvres de la république). 



Les Farces de la Lune ou Les Mésaventures de Nostradamus : Cette farce à grand spectacle sur la toute petite scène du théâtre Robert Houdin présage déjà du film " voyage dans la Lune " de 1902 et qui fait encore aujourd’hui l’admiration du public.
Le Calife de Bagdad : Disparition instantanée d’un personnage vivant devant le public.
___1892___

Charlatan Fin de Siècle : Le héros explose en mille morceaux et la tête toujours vivante s’encadre dans une horloge.

La Source Enchantée : Un autre entresort dans lequel la tête de Jehanne d’Arcy joue le premier rôle.

Daï Kang :

Isys :

___1893___
L’Escarpolette Polonaise : Une autre grande illusion dans laquelle le personnage principal est le polonais Kamelski qui est en fait Eugène Camels, fidèle assistant de Méliès. Il est aussi un mécanicien de confiance puisque c’est lui qui répare et entretient les automates de Robert Houdin. Et comme ses ressources sont infinies, il était aussi le Perse de la Stroubaïka.

Camels revêtu d’un magnifique costume cosaque disparaît d’une balançoire suspendue dans les airs sous les yeux du public stupéfait. L’illusion repose beaucoup sur le talent d’un bonimenteur qui doit détourner l’attention du public pendant les phases un peu critiques. Le pianiste joue aussi un grand rôle en cachant de ses accords les bruits suspects de la machinerie.

___1894___


L’Auberge du Diable : Pour fêter le retour de Jehanne d’Arcy exilée par amour depuis un an dans le fog londonien, Méliès crée cette nouvelle féerie.
.

Château de Mesmer :
Grande fresque en sept tableaux animée par Duperrey. On peut y voir Les Feux Follets, La Main divineresse ou Le Portrait animé. Bien que le spectacle soit entièrement conçu par Méliès, il a déjà l’esprit ailleurs et rêve de ces images animées qui commencent à prendre forme.
Jules Eugène Legris rejoint la troupe de Méliès et deviendra prestidigitateur en titre pendant 20 ans.

___1895___

Rêve de Coppelius : Illusion d’optique tirée du conte d’Hoffmann.

Thomas Oldboot :

___1896___

 Pilori :


Miracle du Brahmine :
" Illusion éthérée inédite de M. Méliès " sont les mots qui annoncent cette nouvelle illusion dans le programme.
Rayons Roentgen : Premier  pas vers le trucage cinématographique.

___1897___

A partir du mois de septembre, les soirées sont entièrement consacrées au cinéma, les représentations magiques n’ayant lieu qu’en matinée les jeudis et les dimanches.

 La Cage d’Or : Dernière création magique de Méliès pour plusieurs années.

Mystère de Memphis ou la Résurrection de Cléopâtre :

___1901___

 Dans la nuit du 30 janvuer, le théâtre Robert Houdin est en parti détruit par un incendie. Mélies nous raconte lui même cette nuit qui a bien failli être la dernière du théâtre.

 "J'eus la chance d'être réveillé en pleine nuit par un agent à mon domicile, 22, rue Chauchat et, courant au théâtre, je réussis quoique seul, inondé par des torrents d*eau sale et risquant de recevoir sur la tête le plafond ruisselant, à retirer de la scène les consoles, tables, accessoires précieux, automates, pièces mécaniques qui s'y trouvaient et à les mettre en lieu sûr. Après cet exercice exténuant et cette douche désagréable, je semblais être tombé dans-un égout et j'étais fait comme un clochard C'est une nuit, on me croira sans peine, que je n'oublierai jamais, et cependant je certifie que j'étais bien heureux d'avoir sauvé le principal et encore plus heureux de m'en être tiré sans grand dommage, car dix ou douze minutes après que j'avais terminé ce travail hasardeux, l'effondre-ment du plafond se produisait et les matériaux des deux étages au-dessus comblaient la salle. Pendant les neuf mois que dura la réfection, je dus louer le théâtre des Capucines et y continuer nos représentations. "

Méliès refait la scène et toute la décoration.

___1904___

La jalousie de Dicksonn est toujours vive. Il est à l’origine d’une scission au sein de l’Académie de Prestidigitation en débauchant une vingtaine d’adhérents de l’association de Méliès. Il fonde " L’Association Syndicale des Artistes Prestidigitateurs " (ASAP ancêtre de l’AFAP, aujourd’hui FFAP) alors que Méliès avec les frères Isola et une soixantaine d’amis transforme l’Académie en " Chambre Syndicale de la Prestidigitation "

Ce soir du 24 mai, il dit à sa femme Eugénie :
" Pourquoi les gens éprouvent-ils le besoin de se déchirer, de se mordre ? La vie est si courte, et il y a tant d’occasions de la trouver belle…. Je n’admettrai jamais la méchanceté, la jalousie et la haine ! "

___1905___

Pour la commémoration du centenaire de la naissance de Robert Houdin, exceptionnellement Méliès  monte sur scène pour présenter Antonio Diavolo devant un public de connaisseurs qui apprécient la prestation à sa juste valeur.

Nouveau Miracle de Brahmine :

___1907___

Osiris : Merveilleuse fantaisie égyptienne.

___1908___

Diable Vert :

Phénomènes du Spiritisme : Georges Méliès est contraint de fermer ses deux studios de Montreuil. Il peut se consacrer à son théâtre, d’autant plus que son frère Gaston lui envoie de l’argent des Etats-Unis, revenus de la société de cinéma. Il crée donc Phénomènes du Spiritisme, un grand spectacle dans lequel il reprend certains des effets de " Hypnotisme, Catalepsie et Magnétisme " de 1890.

___1910___


Suite aux grandes inondations de la capitale pendant l’hiver 1910, un gala est donné au théâtre Robert Houdin au bénéfice des victimes. Tous les grands noms de la magie répondent présent et en particulier Raynaly et Legris. Georges Méliès est heureux, d’autant plus qu’une nouvelle crise se prépare au sein de la chambre syndicale. Le " professeur Dicksonn " est encore à l’origine de la discorde. Il a débauché une vingtaine de membres de la chambre syndicale. Il a peur que, Méliès ne faisant plus de cinéma et se consacrant de nouveau à plein temps à la magie, celui-ci retrouve toute son influence dans le monde magique.
 
La médium italienne Eusapia Palladino doit venir à Paris et Dicksonn espère bien qu’on fera appel à lui pour contrôler les expériences. Le " professeur " est vert de rage quand il apprend que c’est Méliès qui a été choisi.

Eusapia a déjà été dénoncé aux états unis et Méliès ne manque pas lui aussi de relever la supercherie. Georges Méliès aime bien les spectacles de spiritisme mais ne manque jamais de prévenir son public que ce qu’il va voir n’est qu’illusion et trucage.

Georges Méliès travaille en grand secret dans son théâtre sur une création commandée par Lord Barrasford, directeur de l’Alhambra. Les Fantômes du Nil remporteront un immense succès et Méliès montre qu’il n’a rien perdu de ses dons de grand créateur.

Marinelli, le directeur de l’Olympia veut également monter la revue. Les rapports sont assez houleux et le contrat est rompu. Méliès décide donc de partir en tournée. Il lui faut pour cela un wagon entier pour stocker le matériel. Il ira ainsi à Grenoble, puis en Belgique à Louvain et enfin en Italie. Les frais de transport sont énormes et engloutissent la plus grande partie des recettes.

Le 3 décembre, à Paris, il prononce un discours lors d’un banquet en l’honneur de Robert Houdin. Il y décrit le magicien parfait :

" L’adresse, le savoir, la maîtrise de l’exécution sont insuffisants pour faire un parfait prestidigitateur et la bonne présentation est la qualité primordiale, capitale, la plus difficile de toutes à acquérir parce qu’elle demande à la fois un psychologue, un homme sachant sa langue et sachant s’en servir, un comédien, un improvisateur gai et spirituel, Cela aussi c’est un don. "

Et le journal l’Illusionniste dans son compte rendu parle de Méliès en ces termes :

" Impossible d’analyser monsieur Méliès, il est merveilleux : Caricaturiste étonnant, prestidigitateur inouï, conférencier humoristique, il transporte son auditoire. "

___1911___


Méliès repart sur les routes pour présenter les Fantômes du Nil. Il sera au cirque Parish de Madrid, aux Baléares, à Oran et à Alger. Il remporte partout un triomphe, mais à son retour à Paris, les caisses sont désespérément vides.

___1914___

Les finances sont au plus bas. Dans une lettre en anglais, datée du 8 mars 1914 à John Nevil Maskelyne, Georges Méliès lui propose de racheter les automates de Robert Houdin.  Les prix sont les suivants :
Antonio Diavolo
Génie des roses
Arlequin
Pâtissier du Palais Royal
L’Oranger merveilleux
Pendule mystérieuse
La corbeille de roses
12.000 frs
12.000 frs
9.000 frs
8.000 frs
5.000 frs
2.000 frs
1.000 frs

Une conversion purement économique veut qu’un franc 1914 vaille environ aujourd’hui 2,8 euros. Je doute fort que Antonio Diavolo soit cédé au prix de 34.000 euros ou L’oranger pour 14.000 euros. Mais il est toujours permis de rêver !!!!

La transaction ne se fera pas et finalement Méliès fera don au conservatoire des arts et métiers des merveilleux automates en 1929.

Le théâtre Robert Houdin reste encore une des meilleures salles de cinéma de Paris par ses recettes avec un peu plus de 760,000 francs par ans. On est loin de la gloire d’antant, mais ça permet d’attendre la liquidation de la société de cinéma des USA.

Malheureusement le 3 août 1914 sonne la déclaration de guerre avec l’Allemagne. La préfecture de Paris fait fermer tous les théâtres parisiens. Méliès et les siens fuient Paris.

___1915___

C’est le retour à Paris et en avril le théâtre rouvre ses portes et avec elles les séances de prestidigitation. Ce sont Maurier, Alvarez et bien sur Legris qui assurent les spectacles les jeudis et les dimanches. Le reste du temps ce sont les projections cinématographiques.

___1920___

Le 13 juillet 1920, c’est avec beaucoup d’émotion que Georges Méliès donna la dernière représentation des soirées fantastiques de Robert Houdin assisté par Henri Maurier.

___1923___

L’immeuble dans lequel est situé le théâtre Robert Houdin est détruit pour permettre le prolongement du boulevard Haussmann.

___1933___

Henri Maurier, vice président de la chambre syndicale de la prestidigitation écrit au concervatoire des Arts et Métiers au sujet des automates de Robert Houdin. Voici la réponse qui sera donnée.

" Comme suite à la demande que vous m'avez adressée au sujet des automates et accessoires provenant du théâtre Robert-Houdin, j'ai l'honneur de vous informer que les pièces qui nous avaient été remises sur la demande de M. Méliès, après examen, furent jugées en très mauvais état, conséquence de leur long séjour dans les caves humides de Montreuil.
Dans un tel état, ces pièces ne purent être exposées dans nos collections. Elles furent ensuite déposées dans un grenier, où elles restèrent quelques années à la chaleur et au froid et où elles achevèrent de se détériorer. En procédant à la réinstallation de ces greniers, un accident dû à la chute d'un madrier réduisit à rien la valeur de ces pièces qui furent réformées définitivement. C'est pourquoi j'ai le grand regret de vous informer que, malgré le grand désir que j'aurais à satisfaire votre demande, je n'ai plus qu'à vous présenter mes regrets résultant d'un cas de force majeure.


Pour le directeur et par autorisation,
L'inspecteur des services administratifs Conservateur des Collections
LANDAIS

Suite à cet étrange courrier, Landais, le conservateur sera déplacé.

Mais les mystères de la magie sont impénétrables puisque aujourd’hui, ces automates sont bien vivants pour notre plus grand plaisir.


Sources :

Méliès l’Enchanteur – Madeleine Malthête Méliès
Méliès magie et cinéma – Jacques Malthête et Laurent Mannoni
La magie de Robert Houdin – Christian fechner
Histoire Illustrée de la Prestidigitation - Max Dif
Les Illusionnistes et leurs secrets – Michel Seldow
Méliès : le cinémagicien – DVD

 
Mon MagicZooM
   
 Valider  rentrez dans 'Mon MagicZoom' 
 
  Un problème d'inscription ?
  Pas encore inscrit ?

Dernières infos
  Agenda - Actualités
  Poster une actualité
  Poster un évènement
  Les débats MagicZooM
 
  Derniers commentaires
  Poster une news Flash!

Magiciens
  Compte rendus new!!!
  Articles
  Critiques
  Interviews
  Tours de magie

Débutants
  Découvrir la magie
  Conseils pour débuter
  Histoire de la magie
  Rencontrer des magiciens
  Livres
  Vidéos - DVD
  Magazines et revues
  La magie sur Internet
  Clubs
  Cours
  Magasins de magie

Les services MZ
  MZ en page de démarrage!
  Recommandez ce site!
  Ecrire au Webmaster
  S'incrire à la newsletter
  Protection de la vie privée
  Multimoteur

CopyRight
  Tous contenus déposés :
 




Copyright "Georges Méliès" MagicZoom 2008
Tous droits réservés à MagicZoom et l'auteur. - reproduction intégrale ou partielle interdite

© MagicZooM :: Copyright 2002-2006
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par MagicZooM. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de MagicZooM.

MagicZooM ne saurait être tenu responsable des propos tenus ou des échanges d’informations effectués sur les commentaires et décline toutes responsabilités quant à leurs interprétations et utilisations

Toute personne physique ou morale, société ou corporation se considérant systématiquement attaquée par les propos contenus dans les commentaires peut faire la libre démarche de réclamer les coordonnées de leurs auteurs et réclamer un droit de réponse
-------