Dans ma génération : Jean-Luc Bertrand, parce qu’il fait la Magie que j’ai envie de faire et de voir, parce qu’on est sur la même longueur d’ondes quand on parle théorie, parce qu’on a les mêmes influences, et parce que j’ai senti dès notre rencontre, que sa magie allait cartonner, et que je ne pense pas m’être trompé. Sébastien Mossière, parce que bien que nous ne fassions pas du tout le même style de Magie en close up, et que l’on ne soit pas sur les mêmes trips théoriques, j’adore le voir travailler. D’ailleurs, quand on fait des close up ensemble, je ne peux que le regarder, car quand il sort ses présentations béton, le cercle est tellement grand autour de lui, qu’on n’a plus un seul spectateur autour de soi à qui faire un tour ! (Enfoiré !) Sébastien Clergue, parce que ce mec est un des plus grands passionné que je connaisse, et en plus, c’est une bibliothèque vivante. Il connaît tout sur tout, et il a une magie fantastique. S’il se décide à sortir un tour de ses boîtes, vous pouvez être sûr que vous allez en prendre plein la tête. Je le soupçonne d’avoir des contacts et des inspirations extra terrestres. Philippe Beau, parce que ce magicien est un artiste dans l’âme, qui s’intéresse à de nombreuses autres formes d’expression, et parce qu’il arrive à faire des numéros poétiques sans tomber dans le mélo kitsch, souvent associé à la poésie dans la Magie. Enfin, Laurent Beretta, parce qu’il m’a appris beaucoup de choses au niveau technique, et que me retrouver autour d’une table pour parler Magie avec lui est, à chaque fois, un véritable plaisir…caustique !
Adonelly: Vous semblez vous orienter de plus en plus vers le jeu de scène et la comédie. Est-ce un tempérament naturel ou un véritable effort artistique ?
Julien Labigne: J’ai toujours aimé le théâtre, je le pratique depuis l’âge de 12 ans. Petit, je voulais être acteur. Quand on me demandais ce que je voulais faire, je répondais : « Je veux être Jean-Paul Belmondo » (Les temps changent, les références aussi…). Il est vrai que mettre de la comédie dans la magie m’est venu plutôt naturellement. Une nuance tout de même : Je pense que la comédie ne s’adapte pas à tous les styles de magie, et à tous les types de public. Je suis pour la Comédie sur scène, mais tout de même soulignée par des effets très forts (c’est ce que nous essayons de faire dans « Tout est Ecrit », qui est un spectacle d’humour, avec de la Magie), et aussi lorsque l’on travaille pour les magiciens notamment dans les congrès. Car les magiciens sont moins touchés par la sensation de vraie magie qui peut toucher un spectateur non initié. En plus, dans les congrès, les magiciens bouffent de la magie 24H/24, et il y a un moment où ils ont envie de s’éclater. Lorsque je travaille en close up, j’ai tendance à moins jouer sur le côté comique et théâtral, je suis plus sérieux, et j’essaye de bien souligner chaque effet, sans à chaque fois tout casser avec une vanne. Je ne dis pas qu’il ne faut pas mettre de l’humour dans son numéro de close up, je dis simplement qu’il faut le doser pour que les "lines" arrivent au bon moment, et que je crois plus en l’improvisation et en la réactivité par rapport au comportement des spectateurs.
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