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Avec le recul c’était de l’inconscience. Mais bon, cinq jours plus tard on filmait sur le parvis de Notre Dame et huit jours après notre rencontre la demo live était montée... Watch And Cry se vend vraiment très bien, du coup six mois plus tard, j’ai eu envie de réaliser et produire à nouveau, j’avais un peu plus confiance, un peu trop peut être... C’est là qu’on se fait planter.
Watch And Cry, un pari risqué mais gagné par
Jean-Luc Bertrand et Sébastien Mossière
Alors on recommence donc a zéro, on redevient méfiant mais si on sait en tirer les leçons, ce genre d’erreur de parcours s’avère tres positive. L’expérience fait un bond et le travail s’en ressent directement. C’est la meilleur chose qui me soit arriver. J’ai appris qu’il fallait que j’aime ce que je filme ou ce que je monte et la différence se voit à l’image.
Adonelly: Vous n'avez pas peur de mettre de coté votre passion pour l'illusion au profit de la réalisation ?
Jean-Luc Bertrand: Je ne pourrai jamais m’empêcher de faire de la magie, c’est vraiment trop de joie, trop de plaisir et on partage tellement avec les gens. Mais à raison de trois ou quatre restos toutes les semaines depuis cinq ans plus divers contrats. C’est vrai qu’on fatigue un peu. J’ai eu la chance de pouvoir arrêter les restaurants en septembre dernier. Je ne pouvais plus cumuler et les deux jobs. Alors si le chemin me conduit vers plus de vidéo, c’est tout aussi bien... J’aurai toujours l’occasion de faire de la magie.
La perspective de plus de films m’attire assez et c’est grâce à ces années de magie que j’arrive aujourd’hui à filmer les tours et les magiciens. J’ai été consommateur de vidéos et beaucoup m’ont frustré. Les problèmes d’angles, de mise en valeur de l’artiste, de rythme... Mon but est de faire de mon mieux pour le spectateur soit dans la position du confident à qui on explique une technique, sans rien occulter. Et vis à vis du magicien, je vais faire de mon mieux pour placer la caméra pour lui, je me mets à sa disposition pour qu’il n’ait plus qu’à faire son travail sans se soucier de la visibilité ou du mauvais angle.
Adonelly: Vous ne semblez pas du tout influencé par les méthodes classiques de réalisation de K7 de magie. comment voyez-vous les vidéos de magie?
Jean-Luc Bertrand: La magie est souvent esthétique, rythmée, interactive et c’est ce qu’il y a de plus difficile de filmer. Sachant ça, j’ai tente de faire de mon mieux et d’incorporer aux vidéos de l’esthétisme, du rythme et surtout donner l’impression que le magicien s’adresse au téléspectateur tout en faisant son show sur le plateau.
J’ai encore beaucoup de chose à améliorer, c’est loin d’être parfait, d’autant qu’il faut trouver les bons magiciens, suffisamment talentueux pour casser les codes et les stéréotypes de notre profession. Je crois que Watch and Cry a tee un bon début parce que Sebastien avait précisément les mêmes ambitions. Stone sur Quit Smoking a complètement adhéré à l’idée et a apporte tellement sur le tournage, en plus Yves Doumergue, le producteur, nous encourageait à chaque prise de décision, c’était un bonheur... Je crois avoir fait de bonnes rencontres....
Adonelly: Vous parlez anglais, espagnol, italien couramment. Ca aide beaucoup pour la magie ?
Jean-Luc Bertrand: Le fait de parler une langue est déjà un atout considérable, mais en fait, c’est surtout d’avoir vécu dans différents pays qui aide. Ca ouvre terriblement l’esprit, découvrir des cultures est le plus bel outil de tolérance. Le lien avec la magie, c’est que cela m’a appris à savoir prendre les gens. L’approche est différente selon les origines et c’est juste un petit détail, mais j’y attache beaucoup d’importance. Le premier contact est pour moi le plus important, en magie il faut se faire accepter en 10 secondes. Si dès les premiers mots les gens se sentent à leur aise et confiants, votre acte sera obligatoirement apprécié.
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