Et puis dans le petit groupe d’amis magiciens je crois qu’il y a de très bonnes influences, un type comme Yannick chez Mayette a une vision vraiment neuve sur la magie. Beretta qui touche a tout (cirque, danse, impro etc...) pour s’en servir pour son travail de scène. Stone qui est certainement le futur grand showman des magiciens. Mossiere qui a une vraie accroche sur son public. Ferré qui a créé un des personnages le plus sympathique... tous ces artistes sont des sources d’influences inconscientes, les voir travailler me motive et ils donnent envie d’aller plus loin. Ceci dit, il s’agit la des gens qui me boostent au quotidien mais il y a des petits détails chez de nombreux magiciens qui me plaisent qui m’ont donné envie de faire ce métier. Vito Lupo pour la beauté de son travail, Kevin James pour la parfaite justification de tous ses effets et puis en cartes Lary Jennings, Duvivier. Des gens qui réfléchissent beaucoup sur leur travail et ça c’est vraiment très impressionnant. Apres il y a ceux qui me fascinent Gaëtan Bloom, Otto Wessely, Jonathan the Amazing, ils ont un monde qui m’éclate. Voila en gros la liste mais elle serait d’ailleurs incomplète si je ne citais pas David Copperfield. En ce qui le concerne, c’est pas compliqué, c’est tout bonnement parfait.
En parallèle de la magie tous les artistes me passionnent, les visuels, les numéros qui ont nécessité des années de travail, parfois une vie entière... Tout ce qui me transporte comme Slava, le Cirque du Soleil ou un film très bien tourné ou éclairé. Je suis influencé par tout ce qui traduit de l’émotion.
Adonelly: Vous avez déjà dirigé de grands noms de la magie dans des vidéos alors que vous reconnaissez être un autodidacte dans ce domaine: comment apprend-on à réaliser des films?
Jean-Luc Bertrand: A raison d’un film par semaine au ciné et de deux à trois vidéos ou dvd à la maison..... Et puis un jour mon meilleur ami me passe le scénario d’un court métrage qu’il avait écrit, j’ai insisté pour qu’on le réalise immédiatement parce que je sentais que c’était faisable. L’ombre Errante. Un petit film de douze minutes, très personnel, tres sombre et comme tout premier court métrage, très intellectuel.
Jlb de l'autre coté des rampes, derrière sa caméra
Je n’avais jamais rien tourné mais filmer a toujours été une envie. Sur ce film, j’ai découvert le montage et ca a été une vraie révélation... Fabriquer de l’émotion, placer de la musique, un son, une lumière. En tout cas, pendant les deux mois de travail sur ce court métrage, je ne m’étais jamais senti aussi heureux. En y repensant, je pense que pour moi c’était plutôt vital, j’avais besoin de ça à cette période. On a filmé sur quatre jours, là j’ai appris à me servir d’une caméra. Ensuite, deux mois de montage dans un café internet qui avait un poste de Adobe Première en libre service, et là j’ai appris à me servir du logiciel de montage. Mais ces deux éléments étaient tout ce qu’il y avait de plus naturel pour moi, vraiment comme si j’avais toujours fait ca... Et puis le patron de ce café internet a vu que je me débrouillais avec le logiciel, il m’a demandé si ca m’intéressait de bosser free lance pour ses clients. Ca m’a permis de perfectionner le montage en travaillant pour des particuliers.
Adonelly: Vous semblez toutefois vous orienter de plus en plus vers la réalisation vidéo. comment en êtes vous arrivé là?
Jean-Luc Bertrand: Naturellement, j’ai eu ensuite envie de filmer de la magie, filmer un tour ou un magicien, mais comme je marche au feeling, à la confiance... il y a toujours la peur de se faire planter. La première production est difficile, c’est un peu comme de courir les yeux bandés. On est un peu méfiant mais on a envie d’y arriver. Le magicien et le réalisateur doivent se faire confiance juste en espérant que leur idée va marcher.
Un lundi après-midi dans la boutique de Henri Mayol, j’ai rencontré Sebastien Mossiere et Roger Bitoune... On ne se connaissait pas mais on a vite compris qu’on devait aller boire un café tous les trois, à l’évidence on avait beaucoup de choses à se dire... Sebastien m’a parlé de son tour de montre, (qui allait s’appeler Watch and Cry), je lui ai dit que je pouvais le filmer et que si on s’y mettait suffisamment tôt il pourrait être prêt pour l’AFAP... c’était trois semaines plus tard... J’aime les gens qui foncent, ca me motive. Ceux qui se prennent la tête, qui n’ont aucun instinct me fatiguent. C’est de l’énergie négative, ca fait perdre du temps.
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