Adonelly:Qu'appelez-vous un choix évident ?
Jean-Luc Bertrand: C’est LA seule solution possible. Tant qu’il y a un doute, c’est qu’il n’y pas de doute. Tant que la réponse n’est pas celle qui parait être unique il faut continuer à chercher. Une musique pour une scène ou une image filmée, si vous vous dites : « je me demande si... » c’est que vous savez que ce n’est pas le bon choix. Il faut continuer jusqu’à ce que l’éclair apparaisse. Lorsqu’on se dit, « merde, c’est ca ! » et souvent la solution était évidente (d’où l’expression), mais il aura fallu chercher longtemps, faire plein de tentatives pour finalement se rendre compte qu’il n’y pas d’autre alternative. Et ce qu’il s’agisse de la bonne personne pour ce rôle, de la bonne chorégraphie pour tel mouvement, du bon climax du bon montage ou du bon cut. Tant que l’évidence ne frappe pas, il faut poursuivre les essais. Et puis boum ! La solution apparaît. C’est une incroyable joie parce qu’au final, le public sent le petit plus..
La première expérience magique de Jean-Luc:
Un spectacle magique offert par son papa
Adonelly: Vous êtes actuellement magicien professionnel. qu'est ce qui vous a orienté sur ce choix ?
Jean-Luc Bertrand: Ca n’est pas vraiment un choix. Mes parents ont quitté Paris pour Nice l’année du BAC. Comme la vie sur la cote ne m’attirait pas du tout, du tout, j’en ai profite pour voyager en travaillant a l’étranger. Et puis en 97, la vie familiale me manquait peut être et je me suis retrouvé à Nice, le soir je donnais un coup de main à mon père qui tenait un restaurant. Lorsque les clients passaient au dessert je leur faisais des tours et souvent ca tournait en show. Et pourtant je n’imaginais pas devenir magicien professionnel...
Dans la journée, je travaillais dans le courtage financier. Ca faisait déjà quatre ans que j’évoluais dans milieu de la finance et du commercial. Je détestais ca. J’en avais vraiment assez. J’ai donc décidé de quitter la France, pour aller assez loin cette fois... Je pensais à la Californie ou l’Amérique du Sud. J’ai pris un premier vol pour New York. Quand j’y suis arrive, BOUM, le choc. Cette ville avait quelque chose, jamais je n’ai eu cette sensation ailleurs.
J’ai vite cherché à bosser en table à table pour gagner un peu d’argent. Un soir, je suis tombé sur un petit resto français, Chez Jacqueline. J’ai dit bonjour, je suis magicien, seriez-vous intéressé pour que je passe un soir de la semaine. Titou, un francais en exil depuis 30 ans et patron du resto me demande de voir ce que je faisais. Deux semaines après, je travaillais dans trois restaurants, je suis resté vivre la bas deux ans.
Adonelly: Quels sont les artistes magiciens qui vous ont le plus influencés ?
Jean-Luc Bertrand: Greg Wilson pour son contact avec le public. C’est 20 ans de magie et une vie de gentillesse. Son approche est unique. Il a un don et un sens du divertissement hors du commun. Son approche du public est l’une des meilleures et le souvenir qu’il laisse surpasse le talent des meilleurs techniciens. Nous faisons commerce d’émotion pas de vanité et il sait mettre en valeur son audience, c’est une grande leçon. Et puis dernièrement, c’est d’ailleurs Greg qui me l’a fait découvrir, Derren Brown. J’ai acheté Pure Effect et depuis c’est devenu pour moi LA référence.
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