Adonelly: N'est-ce pas un peu radical ?
Théo Dari : Non. Il faut faire clairement un choix artistique : soit on joue des effets magiques (on sait que c'est truqué, mais on va jouer ensemble - on s'en fout du truc), soit ou on joue vraiment de façon professionnelle un personnage.... et là on choisit clai-re-ment ce que l'on joue ! Je crois que beaucoup de magiciens qui réfléchissent un peu sont en train de rejeter leur culture, de rejeter ce système qui leur a laissé entrevoir au compte-gouttes des infos sur leur futur métier, au lieu de synthétiser des formations sur tous les aspects de ce métier. Ce système géré par des non professionnels explosera de lui même... il croupit déjà, même si quelques bonnes volontés essaient de faire avancer les choses.
Adonelly: On ressent dans votre spectacle un subtil équilibre entre la lumière et la musique ou encore l'esthétisme et la magie. Cet éclectisme est rare chez les magiciens. Vous n'avez pas fait que de la magie ?
Théo Dari : En fait, j'ai toujours été attiré par les choses assez originales et farfelues. J'ai toujours aimé l'originalité, le virtuel, la science-fiction, la musique électronique... avant de connaître la magie, et les spectacles visuels. De plus, mes premiers contacts avec le public n'ont pas eu lieu en magie, mais en musique. Je jouais alors du synthé avec un pote et on faisait la manche. J'avais 18 ans. C'était vraiment une super aventure. Lui, depuis, a continué et va sortir un album de house " à la française ".
Adonelly: Vous avez remporté un deuxième prix au championnat de France de magie? Qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Théo Dari : Du travail dans les congrès ! Mais je suis beaucoup plus content d'avoir été sélectionné aux Mandrakes d'Or. C' est une situation professionnelle dans laquelle on côtoie des pros qui connaissent le spectacle. Je me suis éclaté aux Mandrakes, même si mon numéro n'a pas pu être filmé pour la télé... à cause de la puissance de mes lasers. Les galas se font dans des conditions très enrichissantes. J'ai carrément bien accroché avec Gilles Arthur ( tant humainement qu' au niveau de son professionnalisme).
Adonelly: Vous n'avez pas répondu à ma question…
Théo Dari : Honnêtement, je trouve l'univers AFAP trop orienté "Amateur" (au sens noble du terme)... même si cette année j'ai senti quelques tendances à parler "métier" , comme l'excellente conférence de Jean-Philippe Loupi, d'autant plus excellente que le sujet méritait depuis longtemps au moins une conférence. A quand les conférences/atelier sur l'artiste, la mise scène, la respiration, l'étude de différentes dynamiques de personnages, et leur réaction face aux événements magiques qu'ils produisent, subissent ou côtoient…?
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