Le Training : Je n’ai pas le temps de m’entraîner
L’excuse est bidon car on peut travailler les pièces sans perdre de temps : quand j’ai débuté, c’est bien simple, j’avais toujours une pièce entre les doigts. C’est beaucoup plus pratique que les cartes pour travailler discrètement en cours de math... sauf quand elle tombait ! Je travaillais à toutes occasions : Dans le métro, en me baladant les mains dans les poches... Faites bien attention au nombre de fois où nos mains ne font rien dans une journée et vous constaterez que vous aussi, quelles que soient vos obligations professionnelles, vous pourriez certainement conserver une pièce au classique dans l’une de vos mimines.
Cet exercice à l’apparence simpliste permet d’acquérir un naturel que vous ne pourriez obtenir autrement.
Par la suite, lorsque vous aurez travaillez et assimilé les techniques de bases, votre « touché » (si constamment sollicité ) rendra le tout naturel... en fonction de vos capacités et de votre acharnement, bien sûr.
Beaucoup se mettent à bosser une routine de pièces, alors qu’ils ne dominent pas vraiment les techniques de base (le faux dépôt classique, le change utile, le Hang pin chien ou le change au tombé ). N’oubliez pas qu’il y a savoir ( connaître ) et savoir-faire (dominer). N’hésitez pas à vous remettre en question.
Imaginez un type qui présente une routine d’ambitieuse alors qu’il ne domine pas encore la levée double ! Pas étonnant qu’il y ait des ratés.
Ces techniques de base, à l’apparence très simple, sont pourtant difficiles à rendre « vraiment » naturelles. Penchez-vous sur une technique et tenez-vous y (comme dirait Laurent) un bon bout de temps.
Ne passez pas à autre chose avant de l’avoir complètement assimilée. Je sais, c’est chiant, mais dîtes vous qu’ensuite, lorsque vous l’aurez comprise, c’est comme le vélo, l’un de vos hémisphères l’aura assimilée et vous ne serez pas prêt de l’oublier . Promis !
Il est évident qu’ensuite, tout va beaucoup plus vite. Vous prendrez vite conscience que vous pourrez réaliser un nombre quasi-infini de routines en associant de diverses façons les techniques et les enchaînements.
Souvent, il suffit d’inverser l’ordre des techniques d’un effet pour en découvrir un nouveau et partir sur un autre concept, beaucoup plus personnel.
Plus tard, lorsque vous apprendrez une technique complètement nouvelle, étudiez d’abord si vous ne pouvez pas la remplacer par l’une de celles que vous dominez. Cette technique va peut-être très bien à l’auteur, mais peut ne pas vous correspondre. Une technique c’est comme un vêtement, et il y a peu de chance pour que mes chemises vous collent parfaitement.
Enfin n’oubliez pas, quand vous travaillez une passe, de vous dire que c’est la prochaine tentative qui sera la bonne.( H. Lorayne )
L’ illusion : J’ai peur de me faire avoir
La magie des pièces nécessite, pour faire illusion, un certain naturel dans les mouvements. C’est ce naturel, cette fluidité, qui rendent une disparition si convaincante ( cf Goshman pour la leçon ).
De la même façon, l’absence de ce naturel vous rend « coupable » devant votre auditoire... qui ressent que vous n’êtes pas aussi « clean » que vous voulez le prétendre.
Vous aurez compris que la meilleure vidéo ou le meilleur bouquin ne pourront jamais vous apprendre techniquement cette notion.
C’est à vous de découvrir votre touché en pièce , celui qui va faire illusion. Or pour cela , il n’y a qu’une seule recette, chère à Juan Tamariz : Travaillez, travaillez... et puis travaillez encore.
Personnellement j’aborde, en général, une technique ainsi : Je travaille le mouvement vrai (celui que l’on fait sans tricher, et devrait toujours s’inspirer la technique ), jusqu'à ce que je le comprenne parfaitement. Alors seulement je travaille « la passe » en essayant de l’effectuer sur le même timing que le mouvement vrai.
Plus tard à l’entraînement, j’essaie de ne pas rajouter inconsciemment de mouvements parasites en alternant un essai avec « la passe » et un autre avec « le mouvement vrai ».
Il est fréquent, dans une routine de pièces, de débuter - ou terminer - la routine, pas très « clean ». J’entends par là, qu’il n’est pas rare de se retrouver au début ou à la fin d’un effet avec une pièce cachée ici, ou une autre dans la manche. Si l’on manque de naturel dans ces moment là, le public le ressentira et « Pffuiiiit... c’est la magie qui disparaîtra ! ».