Adonelly: D'ailleurs vous semblez faire particulièrement attention à votre image : Par exemple, vous avez refusé de publier cette interview tant qu' elle n'avait pas été relue par votre entourage. Paradoxal pour quelqu’un qui fait l’inverse de ce qu’on lui dit, non ?
David Stone: Je n’ai jamais dit que je n’étais pas paradoxal ! A vrai dire, si j'ai une qualité, c'est celle d'écouter: J’écoute même beaucoup et j’essaie d’être attentif à toutes les critiques. Même si je ne "suis pas à la lettre" ce qu’on me conseille, je m’entoure de personnes qui me connaissent bien et savent justement me manipuler… mais pour mon bien ! En effet, il n’y a rien de plus facile à prévoir qu’un type qui fait l’inverse de ce qu’on lui dit !
Quant à mon image, oui c'est vrai, j’essaie de la contrôler de mon mieux car je considère qu’il n’y a rien de plus désolant pour un artiste que de perdre le contrôle de lui même dans les médias. Mes interventions sont relues et corrigées simplement parce que vous ne me ferez pas dire ce que je n’ai pas dit.
Adonelly: Est-il vrai que vous avez débuté la magie des Pièces parce que vous n’aviez alors pas suffisamment d'argent pour vous acheter des paquets de cartes américaines ?
David Stone: En gros, oui. mais il faut remettre les choses dans leur contexte. En fait quand j'ai débuté ( sérieusement en 1991) un paquet de bicycle par correspondance coûtait 85 FF. Comme je débutais, je bousillais le jeu en 3 heures de manip, et voilà ! Et à 19 ans, on préfère mettre 100 balles dans autre chose qu’un jeu de cartes...
J’ai alors demandé à mes parents de m’offrir le BOBO* pour mon anniversaire, je suis ensuite allé chez Mayette m’acheter 5 pièces, et c’est parti, je suis resté environ 1 an et demi qu’avec ce livre à le potasser dans tous les sens. C’est fou ce que 5 pièces se gardent longtemps, si on fait attention de ne pas les perdre…
*le "Bobo" ( ou les techniques de bases de la magie des Pièces de monnaie par J.B. Bobo) est l'ouvrage de référence pour les manipulateurs de pièces
Adonelly: Vous êtes, avec Thierry Darriné, le fondateur de MagicZOOM. Pourquoi avoir abandonné?
David Stone: Je n'ai pas vraiment abandonné car j'en suis toujours le propriétaire! Mais nous sommes arrivés à un niveau où un amateur d'Internet comme moi ne peux plus gérer un tel service. MagicZOOM est un cas particulier dans lequel je me suis beaucoup investi. Stéphane Jardonnet m'a soumit l'idée avant de partir habiter pour les USA: Thierry Darriné et moi même avons alors bossé dessus comme des malades pendant 7 mois. MZ est devenu une passion qui grossit de jour en jour. Mais comme toutes les passions, elle prend du temps, beaucoup de temps... risquant de nuire à mon évolution artistique et professionnelle. Si je veux que MZ évolue, je suis obligé de le confier à des spécialistes. C'est la raison pour laquelle j'ai remis la gérance à mon ami Romain Garnier, webmaster-magicien, passionné de Magie en générale et des Pièces en particulier qui va faire des miracles, croyez-moi ! Attendez-vous à une surprise en février, c'est tout ce que je peux vous dire !
Adonelly: Comment envisagez-vous l'avenir de la Magie des Pièces ?
David Stone: Difficile à dire. Les travaux David Roth et des artistes de sa génération ont fortement contribué à son évolution. Ils ont considérablement amélioré l'approche de la Magie des Pièces. Toutefois, Je pense que, comparé à la Cartomagie, la Magie des Pièces a peu évolué. Pour moi, tout reste encore à découvrir. Malheureusement, je ne me considère pas comme un "inventeur" ou un "chercheur". Je suis plutôt un "interprète" qui peaufine une technique des années durant, afin de tenter de la rendre parfaite.
Heureusement, des magiciens de la nouvelle génération comme Rune Klan ou Chris Korn contribue à l'évolution de cette branche de la magie. Pour parler "technique", je pense que l'on va s'orienter vers des techniques qui permettront de travailler debout; Il y a encore trop de contraintes avec les présentations " assises". En fait, je crois que l'on parvient tout doucement à adapter les "classiques" d'autrefois que l'on présentait assis (comme Les pièces à travers la table) dans des conditions "debout", autrement dit, plus professionnelles. |