Adonelly: Votre producteur, Stéphane Jardonnet, semble avoir réalisé la première vidéo de magie produite en France qui est distribuée au niveau international et adoptée par les plus gros distributeurs américains. On vous a sollicité après ?
David Stone: Vous rigolez ? plutôt 2 fois qu’une ! Vous imaginez bien que ça a même été « Tapis rouge » pendant un bout de temps… jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que les courbettes ne marchaient pas avec moi. Bien sûr que j’ai été sollicité en France, en Angleterre et aux USA, mais quand on m’appelle pour me dire :
- « David, pour tes deux K7, bravo. Mais tu peux faire mieux, tu sais. Écoute-moi et on va gagner de l’argent tous les deux… », c’est foiré d’avance ! Je n’ai pas fais ce métier pour gagner de l’argent, mais pour la liberté d’expression artistique et pour le mode de vie qu’il m’apporte.
Si je peux gagner du pognon en plus, tant mieux, mais l'expérience m'a appris que ceux qui pensent « fric » en premier pensent surtout « économie » dans leur production. Et ça veut dire ce que ça veut dire : Ca donne des produits de merde, sans âmes avec des auteurs grillés en qui les magiciens ne feront plus confiance. Alors pour me protéger, j’ai mes méthodes : Je ne bosse que si j’ai un contrôle totale de mon image, tant en vidéo qu’en publicité, et je demande un forfait tellement exorbitant que même les américains ont renoncé à me proposer de tourner.
Adonelly: Est-ce que cette attitude ne risque pas d’empêcher quelqu’un de vous proposer quelque chose d’intéressant et de voir quelque chose vous passer sous le nez ?
David Stone: Je n’ai pas dis que je n’écoute pas ce qu’on vient me proposer, j’ai précisé que j’ai une attitude de protectionnisme qui fait que je ne me rue pas sur le premier projet qui pointe le bout de son nez. C’est pour moi une attitude plus réfléchie et qui ne m’a pas encore causé de tort jusqu’alors.
Pourtant, j’ai déjà fini l’écriture de 3 nouvelles vidéos. « La magie des pièces vol.3 », par exemple, est pondue depuis janvier 2000. Mais je n’ai pas encore envie de la sortir, encore moins de la tourner. Je n’attends ni un appel de mon producteur, ni de celui des consommateurs. C’est à mon feeling que je me fie, à mon propre appel. J’ agis quand je le sens ou je n’ agis pas du tout. Quant à venir me raconter qu’ « après ce sera trop tard et qu’un autre prendra ma place », ce sont des conneries ! Y’a pas de place, y’a rien du tout! Les magiciens connaissent mes vidéos et savent que si je sors quelque chose, ce ne sera pas une daube de plus sur le marché, mais un véritable outil de travail.
Adonelly: Alors, est-ce difficile de pénétrer dans le marché américain ?
David Stone: Sincèrement, plus compliqué que je me l'était imaginé. Mais je dois avouer que je n'y serai jamais parvenu tout seul en si peu de temps. C'est surtout le résultat d'un investissement conséquent ( les vidéos ont été doublés par des comédiens professionels et l'adaptation a été réalisé par Aziza Hellal, l'adaptatrice des Ally McBeal en France !), d'un travail d'équipe (le génial Sébastien Clergue, par exemple, s'est occupé de toutes les traductions (1727 lignes!!)... sans demander un sous !, de la tenacité de notre team qui se rapproche de celle de Forrest Gump ( Stéphane Jardonnet a, pendant 8 mois, traversé tous les USA en voiture pour proposer les K7 à tous les marchands !!!)...bref, ca a été du boulot ! La chose dont je sois le plus satisfait aujourd'hui est que, encore une fois, nous n'avons pas tenu compte des conseils de quasiment tout le monde. A savoir qu'on nous répétait partout que c'était du suicide et qu'on ne parviendrait jamais implanter un produit made in France sur le marché américain. Je vais reprendre une phrase chère au nouveau Boss de MagicZOOM, Romain Garnier, "Si la vie était juste, ça se saurait, mais si le travail ne payait pas, ça se saurait aussi !". |